Algérie : Bouteflika s’adressera aux financiers arabes
Algérie - Aujourd’hui à Alger, précisément à l’hôtel Hilton, et en présence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, débutent les travaux du Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes. Cet événement précède un autre rendez-vous prévu en novembre prochain. Dans les deux cas, le chef de l’Etat algérien s’adressera au monde de la finance arabe.
La réunion à Alger du Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes intervient en effet à deux mois et demi du 10ème congrès de l’Union des hommes d’affaires arabes qu’abritera également l’Algérie. Cette manifestation économique d’envergure se déroulera au palais des Nations les 18 et 19 novembre prochain, sous le haut patronage du président de la République.
Organisé par le Forum algérien des chefs d’entreprise, ce congrès aura pour thème central «l’Algérie, carrefour de l’investissement arabe».
Aujourd’hui au Hilton d’Alger, le chef de l’Etat ne manquera sans doute pas de rappeler l’attractivité de l’Algérie par rapport à l’investissement étranger en général et arabe en particulier.
Si rien n’a filtré sur l’ordre du jour détaillé de cette manifestation importante à laquelle prend part le président de la République après la période des vacances, il est à noter qu’en marge de leur Conseil, les gouverneurs des banques centrales arabes se réuniront autour du président-directeur général du conseil d’administration du Fonds monétaire arabe.
Au jour d’aujourd’hui et si l’on fait le parallèle avec les échanges économiques des composantes d’autres ensembles régionaux et sous-régionaux du reste de la planète, le partenariat interarabe, qu’il soit bilatéral ou multilatéral, est loin d’être au mieux sur l’échelle du développement économique de chacun des pays de la région.
Malgré les offensives de charme opérées par l’Algérie, à maintes occasions, le feed-back des hommes d’affaires arabes n’est revenu qu’à des taux réduits en comparaison avec les flux pouvant renforcer les liens économiques et commerciaux interarabes.
Dans la continuité des efforts de captation des capitaux nécessaires à tout développement économique, l’Algérie se tourne vers les pays arabes, ceux de la péninsule Arabique notamment. Mais, ces efforts n’ont pas toujours été récompensés.
La cause ? Le ministre du Commerce, Hachemi Djaaboub, invitait en juillet dernier (Forum du quotidien national Al Khabar) à la chercher dans la méconnaissance de la réalité algérienne. «Les frères arabes ont énormément souffert du fait qu’ils ne connaissaient pas bien l’Algérie» du fait, estimait-il, «qu’il y a une différence dans les législations en plus du fait qu’il y a certains détails qui ont entravé des projets».
Tractés par le secteur de l’énergie, essentiellement des hydrocarbures, les investissements étrangers en Algérie se diversifient à un rythme très lent. Cela, en dépit des efforts consentis jusque-là pour améliorer l’image du pays et sa disponibilité à faire passer son économie du dirigisme au libéralisme.
Dans une dizaine d’année, lorsque l’Algérie aura intégré la large zone de libre-échange afro-eurasienne qui se dessine à l’horizon du carrefour méditerranéen, le marché national n’aura plus de barrières qui ralentiraient les échanges dans les deux sens. Dans le cas de l’investissement arabe en Algérie, le domaine des télécommunications arrive en tête avec l’égyptienne Orascom et la koweïtienne Wataniya.
Sur un autre volet, et outre sa présence à l’ouverture officielle du Conseil des gouverneurs des banques centrales arabe, le président de la République aura une seconde importante activité aujourd’hui en se rendant à l’Amirauté (siège du commandement des forces navales algériennes) où il ne manquera sans doute pas de réitérer l’engagement de l’Algérie dans la lutte contre tous les fléaux nationaux et internationaux, comme c’est le cas du terrorisme, dans le cadre de la coopération supranationale en faveur de la sécurité et de la paix dans le Bassin méditerranéen en particulier et le monde en général.
La vision présidentielle de la réconciliation nationale, si Abdelaziz Bouteflika venait à se prononcer à l’occasion sur les questions politiques brûlantes de l’heure à commencer par la Charte pour la paix et la réconciliation, connaîtra de la sorte une nouvelle étape d’autant que le débat fait rage autour d’une prorogation des délais d’application des textes de ladite Charte.
Par Younès Hamidouche - La Tribune
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