Algérie : Le retour des ârouch
Algérie - Après une longue éclipse, le mouvement citoyen revient sur la scène médiatique en organisant, hier, à la Maison de la presse Tahar Djaout, une conférence de presse pour se prononcer d’abord sur les questions de l’heure, puis sur les revendications de la plate-forme d’El-Kseur non encore réglées par l’Etat.
Belaïd Abrika, l’animateur de cette conférence, affirmera que son mouvement soutiendra la révision de la constitution, même s’il s’est montré évasif sur plusieurs questions au sujet de l’amendement de certains articles de la dite constitution.
En effet, Abrika a maladroitement éludé la question sur le mandat présidentiel, tout en soulignant que les ârouch se prononceront au moment opportun, notamment lorsque ce projet de la révision constitutionnelle sera rendu public.
D’autre part, la même maladresse est à relever dans la position de ce mouvement sur la charte pour la paix et la réconciliation, lorsque son chef de file a cultivé le flou en soulignant que «nous laissons le soin au promoteur de cette charte, c’est-à-dire le Président de la République, d’évaluer la situation et de prendre par la suite les décisions qu’il jugera nécessaires», après avoir au préalable pris clairement position en faveur des familles victimes du terrorisme.
Une façon de ménager le chou et la chèvre, car refusant carrément de se prononcer sur la prorogation ou non du délai imparti aux terroristes récalcitrants pour déposer leurs armes et bénéficier des dispositions des lois de cette charte.
Apparemment sorti de sa réserve pour rendre publiques les positions de son mouvement sur ces deux sujets qui font l’actualité, Abrika s’en est très mal sorti, dans la mesure où il n’a apporté aucune réponse, sauf de rester sur la défensive lorsqu’il s’est prêté aux questions des journalistes présents à la conférence.
Il faut dire aussi que sa prudence était de mise, tant et si bien que Benmansour, un autre représentant des ârouch, a volé souvent à son secours pour, lui aussi, répondre évasivement sur ces sujets.
L’animateur de la conférence reviendra par la suite longuement sur la plate-forme d’El-Kseur, dont les revendications restent jusqu’à présent en suspens malgré les engagements de l’Etat à les prendre en charge.
«80% des nos revendications n’ont pas été satisfaites», dira-t-il en substance.
Pour étayer ses allégations, il dressera un état des lieux des plus sombres de la région «Malgré l’embellie financière, l’Etat n’a pas respecté ses engagements, laissant de la sorte toute la région livrée à elle-même».
La plus importante d’entre elles reste incontestablement le retour timide du corps de la Gendarmerie nationale en Kabylie. Sur ce sujet, le conférencier s’est montré catégorique en soulignant la position du mouvement citoyen qui refuse ce redéploiement, «en attendant que les assassins soient traduits devant la justice», affirmera-t-il. Ce redéploiement, il l’imputera aux manipulations de cercles occultes dont il «ignore les objectifs».
Par Zoubir Khelaïfa - Quotidien Oran
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