Lune de miel dans le secteur de l’électricité en Algérie
Algérie - Les relations entre les partenaires sociaux (dont l’UGTA) et les gestionnaires du secteur de l’énergie et des mines, y compris le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, sont au beau fixe.
Pour ceux qui en doutaient encore, la «conférence internationale sur le dialogue social dans le cadre des réformes du secteur de l’électricité en Algérie», qui s’est déroulée hier à l’Aurassi en présence du PDG de Sonelgaz et du SG de l’UGTA, aura dissipé tous les doutes.
Conçue pour «dresser un inventaire exhaustif des travaux réalisés» et des réformes menées dans le secteur de l’énergie et des mines, et en particulier dans celui de l’électricité, la conférence internationale, organisée sur initiative de la Fédération nationale des travailleurs des industries électriques et gazières (FNTIEG), a plutôt mis l’accent sur le «rôle du partenaire social» dans la conduite de ces réformes, à travers «le dialogue et la concertation». Un rôle souvent qualifié de «positif» et allant dans «l’intérêt des entreprises du secteur et de l’Algérie».
Pour ce qui concerne le cas du groupe Sonelgaz, Chakib Khelil n’a pas manqué, dans son allocution d’ouverture, de louer «l’esprit d’ouverture» du partenaire social dans l’accomplissement des réformes qu’a connues le groupe. «Ces résultats n’ont pu être atteints sans la présence d’un dialogue et d’une concertation permanents, depuis l’origine, avec le partenaire social qui a fait montre d’une remarquable maturité et d’un esprit d’ouverture et de responsabilité exemplaire».
Rappelant les termes de la concertation, le ministre de l’Energie a expliqué que le partenaire social de Sonelgaz avait «mis en avant dans la négociation, le respect d’un certain nombre de principes de base, tels que le maintien des acquis, la non-privatisation de l’entreprise, le maintien de l’emploi et la préservation de l’intégrité du groupe».
Chakib Khelil n’en dira pas plus sur cette question, laissant le soin au secrétaire général du FNTIEG, M. Achour Telli, de développer «les différentes péripéties de cette exaltante période ainsi que l’évolution des positions respectives».
A son tour, Achour Telli ne tarit pas d’éloges sur l’esprit de dialogue, la disponibilité et la «capacité de convaincre» chez le ministre de l’Energie durant tout le processus des réformes dans le secteur de l’électricité. Il rappellera qu’au début, les choses n’étaient pas bien comprises au sein du syndicat. Ce qui explique, selon lui, le refus catégorique opposé aux réformes du secteur dès 2001.
Les explications du ministre, ses «capacités à convaincre», et les «assurances qu’ils nous a données», feront changer la position du partenaire vis-à-vis du contenu des réformes, ajoute le SG de la FNTIEG. Achour Telli n’en finit pas de remercier le ministre. «Nous avions peur de lui au début, mais nous avons beaucoup appris avec lui», confie-t-il à l’assistance.
Renouant avec les revendications sociales, M. Telli rappelle que la Fédération «souhaite le maintien des tarifs actuels de l’électricité» pour assurer la «paix sociale» à travers une subvention de l’Etat à Sonelgaz.
Un cadre du ministère de l’Energie avait expliqué, avant Achour Telli, que l’essentiel des réformes, en dehors des réorganisations qu’elles ont introduites, c’est «d’éviter les subventions» et de faire en sorte que l’opérateur couvre ses coûts sans compter sur le Trésor public. Ce qui paraît impossible sans une hausse conséquente des tarifs.
Intervenu après le ministre de l’Energie, Sidi Saïd a exposé la nouvelle conception des luttes syndicales qui doivent, selon lui, s’éloigner de la confrontation et des bras de fer et aller vers des «réformes concertées». «Je ne cherche pas le négatif» dans une démarche, «ni à obtenir tout ou rien», explique le patron de la Centrale.
Sidi Saïd estime, par ailleurs, que le dialogue social ne doit pas être à «vitesse unique» où les gestionnaires ont pour but de «faire passer la pilule» aux syndicalistes.
«Les réformes font peur», affirme Sidi Saïd, mais elles passent mieux «lorsqu’elles sont explicitées et menées collectivement», ajoute-t-il. Selon lui, le «bon exemple» à suivre est «le dialogue entre le staff dirigeant et le staff syndical de Sonelgaz».
Par Mohamed Mehdi - Quotidien Oran
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