Algérie : Odeur de pétrole dans l'eau potable à Alger
Algérie - L’eau sent les hydrocarbures dans plusieurs quartiers de pas moins de 15 communes de la capitale: Ben-Aknoun, Birkhadem, Badjarrah, El-Madania, El-Mouradia, Alger-Centre, Bir Mourad Rais, Hydra, El-Biar, Magharia, Hussein Dey, Kouba, Gué de Constantine, Bourouba et Sidi M’hamed.
Alertés probablement par la population, mercredi dernier en fin de soirée, les services concernés «se sont immédiatement mobilisés pour mener les investigations sur le terrain à l’effet de déterminer l’origine de la pollution», a indiqué l’Algérienne des Eaux, jeudi dans un communiqué de presse. Et c’est au niveau, poursuit-on, de la conduite d’adduction du champ captant de Baraki que celle-ci a été localisée.
Tout en rassurant les consommateurs que les analyses effectuées «régulièrement» par la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) indiquent que «l’eau distribuée a gardé toutes ses qualités d’eau potable», il est annoncé d’importantes perturbations dans l’approvisionnement dans toutes les communes qui sont alimentées par la conduite de Baraki.
La capitale n’est pas à son premier incident de ce genre cet été. En effet, les habitants de l’ouest d’Alger, notamment ceux d’Ouled Fayet, Beni-Messous, Cheraga et Aïn El-Benian se plaignent, depuis le mois d’août, de recevoir une eau «anormale» dans leurs robinets même si l’odeur dégagée n’a rien à voir avec les hydrocarbures. Certains parlent d’une forte et inexplicable concentration de chlore.
Interrogé par nos soins, au courant de la semaine passée (en marge de la 30e session des gouverneurs des banques centrales et institutions des pays arabes), le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal a rassuré que l’eau est potable.
Toutefois, aucun communiqué officiel de l’Algérienne des Eaux n’est venu rassurer les habitants de ces communes dont la plupart n’avaient d’autres choix que de se mettre à l’eau minérale, du moins quand leurs moyens le leur permettent. Il est utile de rappeler que ces désagréments surviennent au moment où l’Etat a décidé de se désengager de la gestion de l’eau pour la déléguer à des firmes étrangères.
Suez a été la première à «ouvrir le bal» dans la capitale où elle promet de réhabiliter le réseau de distribution d’eau potable et de garantir une alimentation 24h/24, à la population. Cette même «gestion déléguée» sera appliquée dans toutes les grandes villes du pays, telles qu’Oran, Annaba et Constantine.
Par Ghania Amriout - Quotidien Oran
|