L’ancien imam de Vénissieux expulsé vers l’Algérie
Algérie - L’Algérien Chelali Benchellali, l’ancien imam de Vénissieux, près de Lyon, condamné en juin dernier à six mois de prison ferme dans l’affaire dite des «filières tchétchènes», a été expulsé ce jeudi du territoire français vers l’Algérie.
Benchellali a été conduit de force vers l’aéroport parisien d’Orly d’où il a quitté la France pour l’Algérie à 08h15 «sans heurts», tel que précisé avant-hier par le ministère de l’Intérieur français cité par l’AFP.
Chelali Benchellali, à qui il est reproché d’avoir appelé à la violence et à la haine raciale lors de ses prêches et d’être proche du GSPC, a été arrêté mardi dernier lors d’un contrôle routier.
L’homme, qui assure pratiquer un «islam modéré», faisait l’objet depuis le 8 janvier 2004 d’un arrêté d’expulsion, confirmé en juillet 2005 par le tribunal administratif mais qui ne pouvait être exécuté avant qu’il ne fût jugé dans le procès de l’affaire dite des filières tchétchènes.
«M. Benchellali m’a appelé à son arrivée en Algérie. Il est en bonne santé», a indiqué son avocat, Me Bérenger Tourné, cité par la même source. «Voilà un homme de 62 ans qui vit depuis 40 ans en France et qui se retrouve dans un pays qu’il ne connaît pas», a poursuivi Me Tourné, dénonçant ce qu’il a qualifié d’»un enlèvement judiciaire, ni plus ni moins».
«On a donné effet à une décision de justice avant même d’avoir confirmation de sa légalité», a-t-il clamé, soulignant que son client avait fait appel de ses condamnations, et notamment de l’arrêté d’expulsion. Même sentiment chez les membres de la famille de l’ancien imam de Vénissieux. «Nous avons été prévenus de son arrestation par un appel du commissariat mardi soir.
Depuis rien. Nous savons juste qu’il a été expulsé car il est parvenu à passer un rapide coup de fil avant de monter dans l’avion», a expliqué un membre de la famille de M. Benchellali, contacté par l’AFP. «Il ne se cachait pas et sortait tous les jours», a ajouté le jeune homme.
Dans l’affaire des filières tchétchènes, l’ancien imam a été condamné en juin par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison, dont six ferme. Il a fait appel de la décision et devrait être rejugé.
M. Benchellali était accusé d’être le pivot de cette cellule terroriste, soupçonnée d’avoir projeté en 2001-2002 des attentats contre la Tour Eiffel, un grand magasin à Paris, des commissariats ou des établissements abritant des intérêts israéliens. Deux de ses fils avaient également écopé de peines de prison lors de ce procès alors qu’un troisième a été détenu pendant plus de deux ans sur la base américaine de Guantanamo.
Réagissant à cette expulsion, le commissaire Christophe Chaboud, patron de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), a indiqué dans un point de presse animé avant-hier que «toute la famille (NDLR: la famille de Benchellali Chelali) était engagée dans ce combat islamiste (...)
Vous imaginez ce que peut faire la propagande islamiste au niveau d’une famille, ensuite c’est le voisinage puis tout l’entourage. L’intérêt, c’est de neutraliser cette propagande en éloignant les étrangers qui la diffusent sur notre territoire».
Depuis le 11 septembre 2001, les autorités françaises, en dehors de toute procédure judiciaire, ont «éloigné du territoire 71 personnes, dont quinze imams impliqués soit dans le soutien logistique, soit dans le soutien idéologique à l’islamisme radical», a indiqué, par ailleurs, le commissaire Christophe Chaboud.
Depuis plusieurs années, la France a mis en place un système de surveillance des imams et prédicateurs islamistes radicaux, qui risquent des poursuites s’ils sont français et l’expulsion s’ils sont étrangers.
En 2005, des «pôles régionaux de lutte contre l’islamisme radical» ont été mis en place dans toute la France et confiés aux Renseignements généraux (RG -services de renseignements de la police).
«Ils sont destinés à repérer au sein de la communauté musulmane quels sont ceux qui ont un discours qui prêche la haine et la violence et de repérer les individus susceptibles d’y adhérer et de dériver vers l’action radicale», explique Christophe Chaboud.
Par H. Barti - Quotidien Oran
|