Algérie : Un sommet de l’alliance présidentielle en perspective
Algérie - A l’instar des autres acteurs de la scène nationale, l’alliance présidentielle veut faire sa rentrée politique.
En tout cas c’est l’objectif clairement affiché par le MSP qui préside aux destinées de ce groupe politique depuis le dernier conclave, tenu le 11 juillet dernier et où la formation de Bouguerra Soltani a pris le relais du FLN pour, comme le stipule les statuts, une durée de trois mois.
En effet, à en croire une source responsable au sein du mouvement, les discussions sont sur le point d’aboutir pour la tenue d’un sommet des trois leaders des partis politiques, à savoir le FLN, le RND et bien sûr le MSP et ce, dans les tout prochains jours.
Ce sommet, dont le principe a été retenu, lors de la dernière rencontre, devait avoir lieu, soutient encore ce membre de la direction du parti islamiste, la deuxième moitié du mois d’août. La cause de ce report est tout simplement due à la période des vacances.
Si l’accord de principe des deux autres partenaires du MSP est acquis, il reste seulement à en déterminer l’ordre du jour bien que tout porte à croire que ce dernier sera ouvert à toutes les questions qui font l’essentiel de l’actualité nationale.
A l’évidence, le dossier de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ou plutôt les résultats de la mise en application des dispositifs de la charte, dont les délais ont expiré le 31 août, seront passés au peigne fin par Bouguerra Soltani, Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia.
L’on sait que sur cette épineuse question, les trois partis ont fait étalage de dissensions et le point relatif au prolongement ou non de la date d’expiration de la charte a donné lieu à l’échange de quelques piques entre ces trois partenaires.
L’on se rappelle que Bouguerra Soltani a rendu public, en date du 11 août dernier, un communiqué au nom de l’alliance dans lequel il appelle au strict respect du délai de mise en application des dispositifs de la charte, soit six mois et ce, comme prévu par le décret du président de la République du 27 février. Le FLN a alors réagi en considérant que la teneur du communiqué ne répond pas fidèlement à ce qui a été convenu.
Car, l’ex-parti unique était déjà inscrit dans la logique de la nécessité de prolonger les délais, point pour lequel il a mobilisé l’ensemble de son appareil. Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général de l’instance exécutive, a, non seulement, multiplié les déclarations allant dans ce sens, mais il a aussi rencontré d’autres partis pour les sensibiliser sur la question.
Il a ainsi reçu, dans cette veine, Abdallah Djaballah et Fateh Rebai, respectivement président du mouvement El-Islah et secrétaire général du Mouvement Nahda, deux partis qui partagent la même position que le vieux parti. Le RND, fidèle à ses traditionnelles positions et évitant soigneusement de faire dans la politique spectacle, a soutenu le communiqué de Bouguerra Soltani.
Quelques semaines après cependant, Ahmed Ouyahia, le secrétaire général du RND, a déclaré à partir de Tipaza, qu’il soutiendra toute décision que viendra à prendre le président de la République qui, pour l’heure, garde encore le silence alors que tous les regards sont braqués en sa direction.
Pour certains observateurs, Abdelaziz Bouteflika compte, tout d’abord, tirer les enseignements des six mois d’application de la charte à travers l’analyse du contenu du rapport que lui soumettra le chef du gouvernement lors du prochain conseil des ministres avant de trancher définitivement sur la question.
C’est dans ce contexte que l’alliance tiendra ce rendez-vous, considéré par notre source comme exceptionnel, dans lequel d’autres points seront également abordés.
Parmi lesquels, sans nul doute, celui relatif à la révision de la constitution, prévue avant la fin de l’année en cours, ainsi que la situation socio-économique, notamment à la veille de la tripartite. Des points sur lesquels aussi les divergences entre les trois partenaires sont un secret de polichinelle.
Une opportunité donc pour mettre à plat ces frictions et accorder, un tant soit peu, leurs violons, alors que la campagne pour le referendum sur la révision de la constitution se profile à l’horizon.
Par A. Salama - Quotidien d'Oran
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