Algérie : Après le foot, Guidoum tire sur l’athlétisme
Algérie - Après le football, un second front est désormais ouvert concernant la gestion des fédérations sportives nationales.
Face au refus d’abdiquer du premier responsable de la Fédération algérienne d’athlétisme (FAA) et à l’opposition farouche du président du comité olympique quant à la désignation de directoire, le ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas tardé à réagir.
Dans un style presque identique à celui utilisé pour répondre aux responsables du football, le ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas hésité une fois encore à user de l’artillerie lourde pour tirer à boulets rouges sur le premier responsable de la FAA.
Dans un communiqué rendu public hier, le ministre a chargé vertement les responsables de la Fédération algérienne d’athlétisme. Au constat de carence professionnelle, Yahia Guidoum n’a pas hésité à étaler au grand jour le linge de la fédération, sur fond d’accusations d’abus dans la gestion des fonds publics.
Rappelant que des tentatives ont été initiées par le ministère pour «ramener la concordance au sein de la Fédération algérienne d’athlétisme et remobiliser son bureau sur les objectifs et missions de développement de cette discipline...», le ministre fait état d’une situation négative, induisant une régression de la discipline en termes de résultats et de relève de l’élite.
Sur la base de ce constat et «suite à un certain nombre de requêtes émanant des membres de l’assemblée générale, le ministre a diligenté le 09 avril dernier une mission ad hoc conduite par l’inspection générale à la demande de la direction du sport d’élite et de haut niveau», lit-on en préambule du communiqué.
A priori, c’est sur la base du rapport «accablant» de cette mission que la décision de suspendre le président de la FAA et son bureau et leur remplacement par un directoire, a été prise par le ministre. Le directoire en question aura pour mission de préparer l’organisation d’une assemblée générale élective dans un délai de 30 jours.
«Au vu du rapport circonstancié de cette inspection stigmatisant la dérive gestionnaire et le constat négatif des modestes résultats techniques enregistrés depuis 2001, le ministère après saisine de l’observatoire national des sports et du comité olympique algérien et en vertu de l’article 100 de la loi 04/01 du 14 août 2004, a procédé à la suspension du président et de son bureau», ajoute le communiqué qui indique en outre que cette décision disciplinaire n’exclut pas des sanctions ultérieures liées aux conclusions du contrôle de gestion.
Aussi est-il reproché au premier gestionnaire de l’athlétisme national, «le non-respect flagrant des clauses de la convention d’objectifs souscrites», «la gestion anachronique du dossier des bourses des athlètes de haut niveau», «la mauvaise prise en charge des sélections nationales et les conditions approximatives de préparation des athlètes...
l’absentéisme constant du président aux travaux de la commission de préparation des prochains jeux africains», «la permissivité du bureau fédéral à l’égard des passe-droits en prêts et avances à particuliers ainsi que la location d’un appartement pour son président en violation de la réglementation».
Enfin, le rapport fait état du «non-respect du chapitrage fixé conjointement par convention et opposable aux gestionnaires tant du ministère que de la fédération».
Sur ce point précis, le communiqué souligne que cette situation s’est traduite par des «transferts abusifs» vers le fonctionnement, ce qui a aggravé le dossier de l’endettement de la fédération.
Pour répondre aux réserves émises par les fédérations concernées à propos de la décision du ministre, Yahia Guidoum s’est longuement attardé sur les prérogatives que lui confère la loi, en matière de mesures disciplinaires ou conservatoires.
D’abord en matière de sanctions, le ministre a rappelé que l’alinéa premier de l’article 100 invoqué par les fédérations qui s’opposent à ces décisions, stipule clairement que «pour faute grave, le ministre chargé des sports peut prononcer certaines mesures disciplinaires ou conservatoires... la suspension temporaire de la fédération nationale... la suspension temporaire ou la radiation du ou des membres des organes dirigeant la fédération».
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, s’appuyant sur l’énoncé de l’alinéa 2 de l’article 100, souligne en outre que le choix d’un directoire pour la gestion transitoire est la formule appropriée mais sa composante est exclusivement choisie dans le fichier des compétences du secteur en général et de la discipline en particulier.
Dans cet ordre d’idées, Guidoum a rappelé que toutes les fédérations ayant fait l’objet de sanctions similaires ont vu le renouvellement de leurs organes élus dans les formes requises.
Enfin et concernant les recours, le communiqué du ministère indique que le même article dans son dernier alinéa prévoit que les mesures disciplinaires prises par le ministre peuvent faire l’objet de recours.
Néanmoins, ajoute le ministre, cette disposition n’exclut pas le renouvellement parallèlement à l’épuisement des voies de recours. Sur ce point, le ministre cite l’exemple des fédérations d’escrime et de handball qui ont fait appel et qui ont été déboutées par le Conseil d’Etat.
Pour conclure, le ministre n’hésite pas à fustiger le président de la fédération et ses «appuis» indiquant à ce titre que le MJS note à cette occasion «les considérations superfétatoires à la lecture combien intéressée et plutôt qu’intéressante à l’égard des grands électeurs et la complaisance de confrérie qui va jusqu’à mobiliser une charte hautement morale au secours d’un failli gestionnaire qui a pour seul poste de travail le métier de président».
Quant aux accusations de politisation du sport, le ministre précisera que son département a pour mission de conduire la politique étatique en la matière, «au-dessus des discours partisans prêchés selon les conjonctures par des élus cumulards», conclut le communiqué du MJS.
Par Djamel B. - Quotidien d'Oran
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