Le chèque, le dinar et le transfert des devises en Algérie
Algérie - Informelle et sans ordre du jour particulier, la rencontre du ministre des Finances, Mourad Medelci, avec les patrons des médias publics et privés a tout de même été « riche » en décisions en faveur des éditeurs de la presse écrite suite aux réclamations de certains d’entre eux.
Un guichet unique pour les impôts, bénéficier des avantages accordés aux exportateurs, et la possibilité de former des journalistes dans les questions économiques et financières. C’est le bilan à faire de cette rencontre qui a été organisée par le ministère de la Communication et qui s’est déroulée au siège du département de M. Medelci.
Le ministre des Finances entame la rencontre-débat par un tour d’horizon sur la situation financière du pays, sur l’état des réformes et des projets en cours de réflexion ou de réalisation.
A propos de la dette extérieure de l’Algérie, il dira que le dossier du remboursement par anticipation « est presque terminé » et ne subsistent que les négociations avec les Allemands sur environ 800 millions de dollars.
« En une période de 18 mois, plus de 12 milliards de dollars ont été remboursés par anticipation », a-t-il ajouté en précisant que ce montant ne comprend pas l’annulation de la dette russe (4,7 milliards $) conditionnée par l’achat d’équipements. Au sujet de la loi de finances 2007, qui sera au menu du Conseil du gouvernement d’aujourd’hui, Mourad Medelci a annoncé des « retouches dans le système de la TVA, en faveur des petits contribuables ».
Quant au guichet unique des impôts pour les PME (à l’instar de la DGE - Direction des grandes entreprises), il sera opérationnel dès 2007 à Alger puis Oran et Constantine. Quant au dossier des réformes du secteur, le ministre est revenu sur le système de paiement qui nécessite, selon lui, encore un peu de temps pour être totalement au point.
Rendez-vous est pris pour la fin de l’année en cours ou le début de 2007 pour finaliser les dernières retouches à ce système dont il est attendu d’aider dans la lutte contre le secteur informel. En attendant, le décret portant obligation, dès le 1er septembre 2006, d’utiliser des chèques pour des sommes supérieures ou égales à 50.000 DA est abrogé « jusqu’à ce que le système de paiement de masse sera plus performant », a-t-il soutenu.
Medelci a également évoqué une autre raison de l’annulation du décret. Il s’agit, dit-il, du « problème de disponibilité des guichets de banque dans les endroits où l’activité commerciale est importante ».
Interrogé sur la convertibilité du dinar, Mourad Medelci a réitéré la position des pouvoirs publics à savoir qu’il n’est pas question de permettre le change officiel dinars-devises pour les particuliers.
Il reconnaît, toutefois, que l’équivalent de 15.000 DA « ce n’est pas suffisant pour un citoyen de voyager à l’étranger » et admet aussi que c’est cette situation qui permet le recours des citoyens au marché parallèle des devises. Le ministre craint « un rush » donnant lieu à une « fuite importante des capitaux » s’il y a ouverture des guichets de change.
Questionné sur l’absence d’un « plan Marshall » pour relancer l’économie nationale, Mourad Medelci considère que ce plan existe bel et bien et que s’il fallait lui donner un nom ce serait le « plan Bouteflika ».
« Plus de 120 milliards de dollars de programmes ont été inscrits entre 2005 et 2009 », a-t-il soutenu précisant que ce montant risque d’être revu à la hausse si d’autres programmes en cours d’étude et d’élaboration voient le jour.
Quel risque pour ces programmes en cas de chute du prix du pétrole ? Le ministre des Finances confie que ces programmes « sont adossés à des prix du brut variant entre 50 et 55 dollars le baril ».
Quant à la question des transferts des bénéfices des entreprises étrangères installées en Algérie, Mourad Medelci estime que les 10 milliards de dollars prévus dès 2007 « c’est normal », c’est même « peu de chose » par rapport au montant global (120 milliards de dollars) de l’investissement consenti par l’Etat.
Lors des débats, certains patrons de presse ont évoqué des « difficultés » rencontrées dans la vente des journaux à l’étranger, aggravées selon eux par une récente directive de la Banque d’Algérie concernant les rapatriements des devises, ainsi que des « problèmes » rencontrés avec le fisc.
Le ministre rassure en annonçant la possibilité d’un guichet unique spécial presse pour les impôts, et a également promis de voir comment faire profiter les entreprises de presse du dispositif d’aide aux exportateurs comme le Fonds de promotion des exportations.
Par Mohamed Mehdi - Quotidien d'Oran
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