Iran : Le directeur de l’AIEA conforte Téhéran
Iran - En affirmant que la négociation reste la meilleure option pour un règlement efficient de la crise du nucléaire iranien, Mohammed El Baradei, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) semble, peut-être involontairement, conforter la position de Téhéran dont justement «la négociation» était la quintessence de sa réponse à la proposition occidentale.
Même s’il souligne que «la communauté internationale s’inquiète du non-respect par l’Iran des exigences du Conseil des gouverneurs et du Conseil de sécurité de l’ONU», la déclaration du patron de l’agence de Vienne vient comme pour signifier une nouvelle façon de traiter avec la République islamique. Cette dernière se doit aussi, selon El Baradei, de «coopérer avec l’Agence pour éclaircir des questions non résolues».
Le directeur de l’AIEA s’est dit «encouragé par la poursuite du dialogue» entamé récemment entre le négociateur en chef iranien Ali Larijani et le haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, Javier Solana, qui, de leur côté, ont tous deux évoqué des «progrès» palpables.
Les deux négociateurs ont d’ailleurs annoncé une nouvelle rencontre cette semaine. Cette dernière pourrait avoir lieu demain ou jeudi dans la capitale autrichienne.
L’air semble être à l’apaisement alors que Washington réclame toujours que des sanctions soient discutées le plus rapidement possible à New York. Pour les Etats-Unis, l’Iran a laissé passer la date butoir du 31 août fixée par la résolution 1696 du Conseil de sécurité pour suspendre tout enrichissement de l’uranium et, de ce fait, s’est mis au banc des accusés. Au même moment, la diplomatie suivait son cours.
Ali Larijani et Javier Solana ont eu deux séries de deux réunions, qui ont duré plus de sept heures afin de tenter de trouver une solution pour éviter les éventuelles sanctions de l’ONU. Les deux parties ont qualifié ces discussions de «positives et constructives». Et «différentes questions ont été évoquées, aussi bien sur la manière de préserver les droits de l’Iran, qui doivent être définis clairement et écrits, que sur nos devoirs et sur la manière d’ouvrir la voie des négociations», selon Larijani.
Il a ajouté que «durant les négociations beaucoup de questions peuvent être réglées mais qu’il fallait un climat constructif». L’Iran aurait également proposé, selon des indiscrétions, lors de ses discussions avec l’Union européenne, de suspendre pendant deux mois son enrichissement de l’uranium.
L’ambassadeur américain auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Gregory Schulte, a déclaré en réaction que, si l’Iran arrêtait, ce ne devrait pas être «pour un mois ou deux» : «Il faut que la suspension soit en place aussi longtemps que les négociations se déroulent» avant que l’ambassadeur d’Iran auprès de la même AIEA, Ali Asghar Soltanieh, ne démente catégoriquement les informations sur cette possible suspension.
Par Moumene Belghoul - La Tribune
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