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Actualité

 

Du pétrole faute de travail en Algérie

 

Abdelaziz BouteflikaAlgérie - Le Conseil des ministres a adopté hier la loi de finances pour 2007. Le président Bouteflika a, dans son allocution, insisté sur le contrôle des dépenses pour que les montants alloués (près de 120 milliards de dollars) soient utilisés à bon escient.

Les ministres des Finances qui se sont succédé depuis 2001 ont tous opté pour un prix de référence de 19 dollars le baril pour le calcul des entrées fiscales et douanières. Des décisions qui se sont révélées sages avec le temps. Le prix du baril qui s’était envolé pour flirter avec les 80 dollars est en train d’amorcer, doucement mais sûrement, son atterrissage vers les 50 dollars.

Le surplus engrangé par le Trésor public lors de ces années servira à rattraper le retard et à conserver une épargne pour les années de vaches maigres. Le Fonds de régulation des recettes pourra ainsi permettre de payer les salaires -appelés à connaître des augmentations conséquentes dans le futur- de fonctionnaires de plus en plus nombreux.

La phase de rattrapage en matière de pouvoir d’achat ou d’infrastructures socio-économiques est nécessaire au développement de l’économie. La bonne utilisation de l’épargne est aussi une condition de développement.

Mais si la loi de finances prévoit un boom de la dépense publique et des réductions de la pression fiscale, il reste que les entrepreneurs algériens et étrangers n’arrivent toujours pas à investir de manière fluide et importante.

Les conditions du développement dépendent effectivement de la demande, qu’elle soit publique ou des ménages, mais qui doit être confrontée à une offre de biens et de services.

Et c’est sur cette donnée que l’économie algérienne bloque. La multiplication par deux de nos importations en l’espace de quelques années est un bon signe.

Mais la structure de nos importations démontre que des pans entiers de notre industrie ne sont pas assez compétitifs ou innovants face à cette concurrence mondialisée.

Si le prix du baril avoisine les 25 dollars, notre balance commerciale risque un nouveau déséquilibre et les recettes fiscales suffiraient tout juste à prendre en charge les futurs budgets.

L’Algérie a besoin de multiplier le nombre d’entreprises de production et de services. Elle a aussi besoin de transformer son agriculture en une véritable industrie qui fonctionne en phase avec le secteur agroalimentaire afin de pouvoir produire pour la consommation nationale et acquérir le savoir-faire nécessaire pour exporter.

C’est là que résident les enjeux pour l’économie algérienne et c’est aussi le défi qui se pose aux décideurs politiques. L’Algérie, du fait de mauvais choix et de la situation sécuritaire, a perdu plusieurs dizaines d’années par rapport aux pays voisins de la Méditerranée.

Il faudra bien combler ce gap un jour. L’Algérie pourra alors oublier sa dépendance du pétrole, arrêter ses politiques rentières et réhabiliter la valeur travail. Un travail productif dont le salaire se gagne au mérite et non à la décision politique discriminatoire.

Par Amine Echikr - La Tribune

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