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Actualité

 

Un sommet exceptionnel de l'alliance présidentielle en Algérie

 

Bouguerra SoltaniAlgérie - Une alliance à la recherche d’un SMIG. Qualifiée de réunion «interne» par le président du MSP, la rencontre de l’alliance présidentielle d’hier coïncide en tout cas avec une rentrée sociale pas comme les autres.

« Cette réunion est interne et examinera certains dossiers et questions relatives entre autres à l’évaluation du travail effectué par l’alliance présidentielle», commencera par dire Boudjerra Soltani, le président du MSP, initiateur de la rencontre d’hier et hôte de Belkhadem et de Ouyahia ainsi que de leurs proches collaborateurs.

La présence hier au siège du MSP de personnalités politiques membres du parti de Boudjerra Soltani, du FLN ou du RND, marque ainsi le pas d’une rentrée politique et sociale pas comme les autres.

Au plan social, tous les yeux notamment ceux du monde du travail sont braqués sur ce qui pourrait être avalisé par la tripartite qui doit se tenir en principe avant la fin du mois en cours.

L’augmentation du SNMG et celle des salaires du secteur économique sont attendues avec impatience au regard de la cherté de la vie et de la difficulté des familles à subvenir aux besoins les plus élémentaires.

Les remous que connaissent certains sites industriels et les difficultés de relance que vivent beaucoup d’entreprises à l’exemple de l’ENCG qui pourtant a été privatisée tout autant que les blocages des négociations entre les pouvoirs publics et certaines fédérations n’augurent pas de lendemains rassurants pour les travailleurs.

Au plan politique, l’on susurre ici et là que l’agitation est grande. Du remaniement ministériel, à d’éventuels changements au niveau de la haute administration en passant par les scandales financiers, le tout marqué par la rentrée politique du président de la République après une absence qui a duré près de deux mois de la scène nationale, ne laisse aucun état-major indifférent qu’il soit militaire, politique, économique ou social.

La tenue des législatives et des locales dès l’année prochaine est aussi un lourd calendrier à gérer. A leur arrivée hier au siège du MSP, des personnalités politiques ont été accueillies par les journalistes qui les ont assaillies de questions.

Un membre influent du bureau politique du RND lancera non sans une pointe d’humour: « d’habitude, quand on rentre dans une tripartite (NDLR: comprendre syndicale), c’est pour s’entendre sur un SMIG ». Et aujourd’hui, vous venez pour la même chose ? demandons-nous.

« Oui, nous sommes à la recherche d’un SMIG politique qui unit les trois partis mais nous ne l’avons pas encore trouvé », indiquera-t-il.

Lors de son intervention inaugurale, Boudjerra Soltani soulignera que l’alliance présidentielle évaluera son action et examinera les obstacles qui se dressent à elle. Il affirmera que les trois partis réunis n’ont rien à cacher « ni à la presse ni à leurs militants ». Mais il fera savoir que, « vu son caractère interne, la réunion se tiendra à huis clos ».

Tout en vantant les vertus de la transparence, il priera les représentants de la presse de quitter la salle en indiquant que « ce n’est même pas la peine d’attendre la fin des travaux, il n’y aura pas de conférence de presse et si nous jugeons qu’il y a quelques chose d’important à rendre public, nous vous enverrons un communiqué ».

D’un ton ferme, Abdelaziz Belkhadem précisera dès le début de son intervention qu’il sera bref. « Nous examinerons les problèmes qui se posent à l’alliance présidentielle, les possibilités d’aller de l’avant et nous pouvons aller de l’avant puisque d’une alliance gouvernementale, nous sommes passés à une alliance présidentielle à laquelle nous avons fixé plusieurs objectifs pour plus de cohésion et de travail collectif », dira-t-il.

Le secrétaire général du FLN est persuadé que l’alliance en tant qu’entité « ne ferme pas la voie à la vie partisane à ceux qui la constituent, nous nous sommes regroupés en tant que famille de réflexion et au FLN, nous sommes convaincus que ce genre de regroupement est une nécessité tout en préservant nos partis respectifs pour qu’ils ne se diluent pas dans l’alliance ». Il avise que la réunion de ses animateurs est pour examiner la conjoncture actuelle.

Alliances en perspective

Ahmed Ouyahia, pour sa part, notera que l’alliance présidentielle a déjà trois ans de vie « malgré les questionnements et les doutes qui ont suivi sa création ».

Le secrétaire général du RND affirme qu’il croit toujours à l’efficacité de l’alliance sur le terrain parce que, a-t-il dit, « en tant que partenaires, nous réagissons à des événements au nom de l’Etat algérien et nous oeuvrons ensemble pour la réalisation d’un programme, celui du président ».

Autre acquis à ses yeux, « les partis de l’alliance vivent une nouvelle expérience, celle de s’échanger des avis et pourquoi pas de faire leur autocritique en tant qu’entité tripartite au sein de laquelle nous restons optimistes et liés ».

Boudjerra Soltani reprend la parole pour insister sur « les acquis de l’alliance, un regroupement autour de dénominateurs communs (...) qui constitue à l’extérieur un choix algérien à expérimenter ». Il rappelle que ce genre de concertation tripartite n’était pas possible avant alors qu’aujourd’hui il se tient à l’intérieur et à l’extérieur de l’APN.

Il encourage d’autres partis à se coaliser. « Le bouche-à-oreille » fait circuler la nouvelle d’une éventuelle alliance entre l’Union démocratique républicaine (UDR) de Amara Benyounès et l’Alliance nationale républicaine de Redha Malek.

Une tentative de rapprochement du même genre entre le RCD de Saïd Sadi, le Front démocratique (FD) non agréé de Sid Ahmed Ghozali et le MDS est aussi donnée pour être en négociation. Pour l’instant, aucune précision à ce sujet n’a été possible auprès des concernés.

Par Ghania Oukazi - Quotidien d'Oran

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