Pour une augmentation des salaires de 40% en Algérie
Algérie - A la veille de la reprise des négociations entre la Fédération nationale des travailleurs de la mécanique, métallurgie, électricité et électronique (FNTMMEE) et la Société de gestion des participations (SGP) des industries mécaniques, les cadres syndicaux du secteur se sont regroupés hier en assemblée générale extraordinaire au siège de l’UGTA.
Cette action a été décidée la semaine dernière après le blocage qu’ont connu les négociations entre les deux parties. L’AG devait être annulée à la demande du secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, qui avait appelé la fédération à temporiser en attendant la réunion d’aujourd’hui avec la SGP.
Mais les membres du bureau fédéral ont maintenu leur AG. Une AG durant laquelle Sidi Saïd a brillé par son absence.
Il s’est fait remplacer par le secrétaire national chargé des conflits sociaux, M. Boualem Bouzidi. Ce dernier a eu d’énormes difficultés à calmer les cadres syndicaux du secteur venus fort nombreux à cette réunion pour exiger une augmentation conséquente de salaires et des primes. L’intervention de Boualem Bouzidi a d’ailleurs mis la salle en ébullition.
Une rixe a même failli éclater entre deux groupes de syndicalistes. «Les enchères ne mènent à aucun consensus. Celui qui veut défendre un parti politique, qu’il le fasse dehors», a-t-il lancé à l’égard des cadres syndicaux qui n’ont pas apprécié cette déclaration. D’ailleurs, ils se sont tous mis à crier et à demander aux responsables de l’UGTA de réagir et de faire bouger la SGP aux fins d’arracher une hausse des salaires. «Soit vous bougez, soit on vous fait bouger.» Et ce, avant de se disperser pour la rédaction du communiqué sanctionnant la réunion.
Laquelle a permis aux participants de faire le point sur la situation relative à la prise en charge de leur revendication salariale. A ce sujet, il est utile de rappeler que la FNTMMEE réclame une augmentation de 40% alors que la SGP n’a affiché sa disposition dans un premier temps que pour une hausse de 2%, selon le responsable de la FNTMMEE, M. Mohamed Seddik Kardjani.
«Nous attendrons demain [ndlr aujourd’hui] pour arracher le maximum, au moins 40%», a-t-il déclaré à la presse en marge de l’AG qui aura duré plusieurs heures dans une ambiance surchauffée marquée par des interventions appelant au débrayage au cas où la revendication ne serait pas satisfaite aujourd’hui.
«C’est à la base de décider. S’il n’y a pas d’augmentation, vous êtes responsables et on est avec vous», a encore déclaré M. Boualem Bouzidi pour tenter de calmer les esprits des troupes.
Une manière de dire que la direction de l’UGTA appuie la base. Mais l’essentiel pour les travailleurs, fatigués des promesses de leurs responsables syndicaux, est d’arriver à arracher une hausse des salaires.
Dans un communiqué ayant sanctionné l’assemblée, les cadres syndicaux appellent à une manifestation devant le siège de la SGP concernée. Les syndicalistes promettent de faire monter la pression à travers d’autres actions si les promesses du gouvernement concernant l’augmentation des salaires n’étaient pas tenues.
Aussi, une attention particulière sera accordée aujourd’hui à la réunion SGP-FNTMMEE comme c’était le cas hier (pour les travailleurs du tourisme) et lundi (pour les travailleurs du BTPH). Pour le moment, seuls les résultats de la réunion de lundi sont connus. Elle s’est soldée, faut-il le noter, par l’installation de quatre commissions nationales constituées des membres de la SGP et du syndicat du BTPH pour l’étude du dossier salarial.
Il s’agit des commissions de bureaux d’études et engineering (Ginest), de l’hydraulique, des entreprises du bâtiment (Enjeb) et des entreprises des travaux publics (Sintra).
Ces commissions ont jusqu’au 17 septembre pour finaliser leur travail. Précisons que la commission nationale Ginest, qui s’occupe notamment du CTC, a finalisé son travail.
«Les membres de la commission nationale Ginest sont arrivés à un consensus, notamment en ce qui concerne l’augmentation des salaires qui devra varier entre 30 et 35%», selon le coordonnateur de la Fédération du BTPH qui a précisé à l’APS que le président de la SGP Ginest et le SG de l’UGTA devront signer la convention de branche aujourd’hui au moment où les autres commissions finiront leur travail.
Par Samira Imadalou - La Tribune
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