Les salaires impayés en Algérie
Algérie - Un échéancier pour les salaires impayés. Le secrétaire général de l’UGTA est appelé à rencontrer incessamment le ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement (MPPI), ainsi que celui du Travail, pour débloquer le dossier des salaires impayés.
De mille travailleurs en sit-in depuis samedi sur l’esplanade du siège de la centrale syndicale, ils sont passés hier à près de deux mille, après que ceux du circuit de distribution, ou ce qui est appelé les anciennes galeries, se sont joints à eux. Si pour ces derniers, l’on estime du côté de la centrale syndicale que le problème a été réglé après la dissolution des galeries entre 1997 et 1998, pour les premiers, on plaide au contraire la légitimité de la revendication.
En effet, les responsables syndicaux estiment que le cas des travailleurs des galeries relève des compétences du ministère du Commerce, «puisque c’est lui qui leur a promis de le leur régler».
L’UGTA rappelle que l’ensemble des travailleurs du secteur de la distribution avaient perçu «dans un temps légal» leur prime de licenciement pour raison économique.
Quant au problème des 30.000 travailleurs, la centrale syndicale s’insurge «contre le retard qu’ont pris et continuent de prendre les pouvoirs publics pour le régler». Il est évident que le gouvernement craint de débloquer ces salaires tellement l’enveloppe qu’il doit leur allouer pèsera lourd sur le Trésor public.
L’on relève dans les tableaux récapitulatifs de cette situation que la Société de gestion de participation du bâtiment et des travaux publics, à elle seule, doit débourser à cet effet, par le biais des caisses de l’Etat, l’équivalent de près de 40 milliards de centimes.
L’on reconnaît certes que les travailleurs du BTPH coûteront dans ce cas le plus cher à l’Etat eu égard à l’importance des arriérés de leurs salaires. Ils représentent 5.000 des 30.000 travailleurs concernés. Ils sont issus de 14 entreprises au sein desquelles ils n’ont pas perçu leurs salaires sur une période allant d’un mois à un an.
«Le reste, et même si le nombre est plus important, est gérable», nous disent les responsables de la centrale syndicale. Pour le règlement du dossier dans sa globalité, ils fondent leurs espoirs sur la rencontre qui devra regrouper demain, ou en début de semaine prochaine, le secrétaire général de l’UGTA, le MPPI et le ministre du Travail.
«Il est question de mettre en place un échéancier pour payer ces arriérés, ce qui signifie que les responsables devront s’activer à mettre à exécution l’accord conclu entre le gouvernement et la centrale syndicale en janvier dernier», nous disent nos sources.
Pour rappel, c’est au début de l’année en cours que Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, et Abdelmadjid Sidi Saïd ont convenu d’un accord pour le règlement définitif d’un problème qui dure depuis 1995. Le dossier des salaires impayés rappelle, par son défaut de règlement, celui de l’exécution des décisions de justice.
Ils ont en tout cas un dénominateur commun, celui de faire apparaître l’indiscipline des institutions de l’Etat à respecter leurs propres lois. L’Etat, à travers ses démembrements, tarde en effet à régler des situations qui pourtant pourraient constituer de grands obstacles à la paix sociale.
Ceci d’autant que les partenaires sociaux négocient actuellement un pacte national économique et social devant en principe mettre à plat toutes les questions en suspens pour l’assurer au moins sur une période de cinq bonnes années.
L’examen d’un avant-projet du pacte en question a été d’ailleurs un des points à l’ordre du jour de la réunion d’hier du secrétariat national de l’UGTA. La version syndicale est finalisée pour être remise prochainement aux autres partenaires pour consultation.
Le secrétariat national a eu aussi à évaluer les négociations entre les SGP et les fédérations à propos des augmentations des salaires et des conflits qui ont surgi au sein de certaines d’entre elles, à l’exemple de la mécanique et du tourisme. «C’est cet après-midi (ndlr, hier) que la fédération du tourisme compte finaliser son travail», nous dit-on du côté de la centrale syndicale.
Quant à celle de la mécanique, «il nous est difficile de trouver un consensus pour régler des préoccupations tout à fait légitimes. On attend pour cela les propositions de la SGP qui semble avoir lâché du lest», indique-t-on par ailleurs.
D’autre part, la centrale syndicale vient, à travers son secrétariat national, de mettre au point un calendrier programmant la tenue des congrès de ses fédérations. Celles-ci auront à tenir chacune son congrès — seize en tout - entre novembre 2006 et février 2007.
L’UGTA aura ainsi conformé le fonctionnement de ses troupes et de leurs structures à ses règles et règlements. Il est à noter que pratiquement l’ensemble des états-majors des fédérations ont dépassé leur mandat et activent depuis de longues années en dehors.
Les congrès seront tenus de régler la question des mandats et préparer les syndicalistes pour la tenue du 11e congrès de l’organisation de Sidi Saïd. Un congrès dont la tournure et les résultats seront forcément déterminés par l’évolution de la scène politique et notamment par celle du pouvoir en place.
Par Ghania Oukazi - Quotidien d'Oran
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