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Actualité

 

Algérie : Le point de non-retour au MDS

 

Hachemi ChérifAlgérie - La crise qui secoue le Mouvement démocratique et social (MDS) semble apparemment avoir atteint le point de non-retour. Les deux ailes qui se disputent le mouvement cher au regretté El Hachemi Cherif se sont engagées dans une véritable course contre la montre et chaque partie veut prouver sa représentativité et l’adhésion de la base à sa stratégie.

C’est ainsi qu’en réaction à l’annonce par le groupe de Ali Hocine de la tenue des assises du congrès le 21 septembre prochain, l’autre tendance n’est pas restée les bras croisés puisqu’elle projette d’organiser une conférence nationale des cadres à la même date.

Ahmed Meliani, le secrétaire général adjoint du Mouvement qui en a fait l’annonce hier lors d’une conférence de presse tenue au siège du MDS, à Alger, en a aussi saisi cette occasion pour descendre en flammes Ali Hocine et les deux autres membres du bureau national qui le soutiennent, exclus des rangs du mouvement par le conseil national lors de la session du 31 août dernier et ce après avoir été écartés du bureau national quelque temps auparavant.

Le conférencier reproche à ses détracteurs, au nombre de trois, d’avoir voulu imposer leur démarche et leurs visions politiques à la majorité, soit six membres du bureau national. Meliani mettra en doute la capacité des « exclus » de tenir un congrès qu’il qualifie de clandestin tant que, à quelques jours seulement de sa tenue, « l’on n’a encore aucune idée du lieu de son déroulement ».

« C’est un congrès préfabriqué, qui verra l’absence de la majorité des plus importantes fédérations dont Alger, Constantine et Oran », clame Ahmed Meliani qui dira encore que « cette manoeuvre ne passera pas ».

Le groupe de Ali Hocine est accusé de faire dans le chantage en voulant imposer des changements à la ligne stratégique du MDS sans passer par les instances légales du Mouvement. En ce sens, Meliani ajoutera que « toute leur démarche est hors la loi », car, de son point de vue, s’ils disposent de la majorité qu’« ils viennent s’exprimer à l’intérieur des structures du parti ».

Il dira de plus toute sa crainte devant le risque de voir le ministre de l’Intérieur donner son autorisation à ce prétendu congrès du 21 septembre, ce qui constituerait « une ingérence » dans les affaires internes du mouvement.

Selon lui, le seul congrès légal du MDS est prévu les 21 et 22 décembre prochains, un conclave qu’il a qualifié d’unitaire et auquel peuvent prendre part même les exclus s’ils décident de surseoir à leur tentative de tenir leur propre congrès.

Revenant sur les soubassements politico-idéologiques qui sont à l’origine de cette fracture au sein du MDS, Meliani s’en est pris à ses anciens camarades en considérant qu’ils sont porteurs de positions aux antipodes de la ligne stratégique du parti eu égard qu’ils ne sont plus critiques à l’endroit des politiques du pouvoir, voire même des partis islamistes.

Sur sa lancée, il a réitéré sa position relative à la nécessité de la double rupture avec le système bureaucratique rentier et l’islamisme politique. Il considère que cette crise du MDS renseigne sur une volonté inavouée de vouloir « étouffer toute voix discordante, une démarche qui n’est pas dans l’intérêt de la démocratie ».

Abordant le chapitre relatif au projet annoncé de révision de la Constitution, il soutiendra que le Mouvement est en faveur d’une autre constitution qui consacre la démocratie et qui opte résolument pour la séparation entre le politique et le religieux. Et que, pour ce faire, il faut instaurer un débat réel.

Rejetant le contenu de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, Meliani dira qu’elle a tout juste consacré le redéploiement de l’islamisme politique avant de souligner que son mouvement se battra toujours pour garder la perspective démocratique dans ce pays.

Par Zoheir Bennini - Quotidien d'Oran

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