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Al Qaïda menace la France

 

Al-Qaida FranceFrance - Dans la dernière vidéo qu’il a transmise à CNN et Al Jazeera, Al Zawahiri a évoqué, de façon indirecte, le spectre de nouveaux attentats contre la France, menés par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a renouvelé, jeudi, son allégeance à Al Qaïda.

Les dirigeants français, notamment le Premier ministre, Dominique de Villepin, et le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, ont réagi à la diffusion de l’enregistrement vidéo du n°2 d’Al Qaïda, Ayman Al Zawahiri, estimant qu’il existe bel et bien «une situation de risque» et que «le point des informations dont [ils disposent] dans ce domaine confirme l’inquiétude».

Pour le président Jacques Chirac, attentif à ces événements, comme pour le gouvernement français, il ne s’agit pas d’une situation vraiment nouvelle, mais seulement de la confirmation du «niveau élevé de la menace» face à laquelle il convient d’appréhender le niveau de «risque» afin d’«adapter continuellement les dispositifs» de surveillance.

Depuis trois ans qu’il a effectué ses offres de service à Al Qaïda, c’est la première fois que le GSPC les voit acceptées sans réserve par l’organisation d’Oussama Ben Laden. Acculé dans ses principaux bastions de Kabylie et de l’Est par des offensives répétées de l’armée, le GSPC présente le paradoxe d’un mouvement affaibli, sur le plan intérieur, mais disposant, d’après les services de renseignements occidentaux, de nombreux relais et sympathisants en Europe.

C’est cet atout qui aura sans doute convaincu Oussama Ben Laden de prendre en considération l’allégeance d’un groupe à travers lequel Al Qaïda peut ambitionner de recruter et de renouveler ses forces de frappe en Europe, comme au premier temps du GIA.

Le salafisme dont le GSPC se revendique est une doctrine rigoriste de l’Islam sans être, pour autant, un courant politique. Il peut donc servir aisément de passerelle pour une partie des jeunesses abandonnées des banlieues françaises qui rejette, mécanisme de défense oblige, la société occidentale dans laquelle elle survit.

Des prédicateurs entreprenants ont commencé, dès les années 1990, à sensibiliser un certain nombre de jeunes issus de l’immigration, nonobstant un certain nombre de convertis, à l’importance du djihad. Les services de renseignements évaluent à quelque 5 000 le nombre de militants et sympathisants du salafisme, en France, dont 10% pour la région parisienne qui accueille, pour sa part, les forces vives de ce courant.

Ces quelques chiffres disent, à eux seuls, l’importance et la dimension de la menace qui pèse sur l’Hexagone. Mais pourquoi, est-on tenté de le dire ? Les griefs d’Oussama Ben Laden et d’Al Qaïda à l’encontre de la France sont, en fait, nombreux, qui vont de la loi de 2004 interdisant le port du foulard islamique dans les écoles publiques, à la décision de diriger la Finul au Liban, en passant par la présence militaire en Afghanistan ou au soutien supposé du régime algérien.

A cela s’ajoute la répression juridico-policière qui s’est abattue, durant plus d’une décennie, sur les milieux islamistes en France, portant un coup sévère à la mise en place des réseaux d’Al Qaïda en Europe. S

ans constituer réellement une nouveauté, les dirigeants français connaissant l’allégeance du GSPC à Al Qaïda depuis septembre 2003, la nouvelle menace qui se profile sur la France va sans doute conduire à un durcissement accru du dispositif Vigipirate dont les dérapages seront surtout à redouter par les communautés immigrées qui vont devoir renouer avec la chasse au faciès.

Par A. Chabane - La Tribune

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