Privatisation des grandes entreprises en Algérie
Algérie - Le ministre des Participations et de la Promotion des investissements Hamid Temmar a procédé hier à la pose de la première pierre pour la construction d’un centre de formation dans les métiers du plâtre au complexe de plâtres à Benfreha près d’Oran. Un geste symbolique qui témoigne de l’intérêt du gouvernement à la formation et au développement des ressources humaines.
« L’avenir, c’est dans le développement des ressources humaines. Aujourd’hui, tous les pays cherchent à attirer les investissements directs étrangers. L’Algérie est un pays attractif pour les investisseurs étrangers.
Dans notre pays, pour un dollar investi, l’investisseur en gagne deux ! Nous avons le gaz et une main-d’œuvre bon marché. Mais nous manquons de cadres bien formés. C’est un handicap qu’il faut éliminer avec la formation, l’amélioration de l’enseignement et le recyclage », a plaidé M. Temmar lors d’un point de presse au siège de l’ANDI à Oran d’où il a entamé sa visite de travail.
Le ministre a exposé les grandes lignes de la politique industrielle du gouvernement et les modifications apportées au code de l’investissement. Des modifications qui font de l’ANDI le principal interlocuteur des investisseurs. « Pour faire de la croissance économique, il faut encourager l’investissement.
Il faut profiter de la proximité de l’Europe et du fait que nous avons une carte maîtresse qui est le gaz », a plaidé le ministre. Mais l’investissement dans notre pays continue de faire les frais du système bancaire inadapté, des difficultés d’accès au foncier industriel et de l’économie informelle.
Le centre de formation dans les métiers du plâtre de Fleurus sera assuré par le groupe allemand Knauf qui a pris en mars dernier le contrôle de la moitié du capital du complexe Fleurus pour 8 millions d’euros. Le groupe allemand envisage d’acquérir le reste du capital détenu par une filiale du groupe de matériaux de construction ERCO.
Leader mondial dans les matériaux de construction, Knauf compte investir 24 millions d’euros dans les quatre prochaines années dans le développement des capacités de production de plâtre et la réalisation d’une unité de fabrication de plaques de plâtre, la seule prévue au niveau de l’Ouest.
Le groupe Cosider et le français Lafarge ont créé récemment une société mixte basée près d’Alger pour la production de plâtre et de plaques de plâtre. L’intérêt des grands groupes étrangers pour la plaque de plâtre se justifie par l’importance de ce produit largement utilisé dans le bâtiment dans les pays développés.
A Fleurus, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements a salué la filiale algérienne du groupe allemand Knauf, qu’il a qualifiée d’entreprise citoyenne.
Au moment où les privatisations s’accélèrent, le gouvernement mise beaucoup sur le transfert de technologies, le maintien des postes d’emploi et l’investissement. « Depuis 2005, nous avons privatisé 400 entreprises publiques. On vient de privatiser Gaz Industriels, la CNAN.
A chaque fois, les postes d’emploi ont été maintenus et même l’encadrement comme à Asmidal », s’est félicité précédemment le ministre lors d’une visite au siège du groupe ERCO (ciment, amiante).
M.Temmar a eu des explications sur une autre privatisation « réussie » de la cimenterie de Beni Saf, dont 10% du capital ont été cédés à un groupe saoudien. La privatisation des filiales du groupe ERCO devra se poursuivre avec la cession de la cimenterie de Zahana convoitée par un groupe égyptien.
M. Temmar s’est montré étonné du fait de la poursuite de la production de l’amiante par le groupe ERCO. « Il ne faut pas mettre la santé du citoyen en danger », a averti le ministre.
« Nous produisons de l’amiante dans le respect des conditions de sécurité. Ce produit est destiné à la fabrication des conduites d’assainissement », explique un cadre de l’ERCO.
Toujours au siège de l’ERCO, le ministre a annoncé « la reprise » des privatisations et clarifié ce que le gouvernement appelle entreprises stratégiques. « La seule entreprise, c’est la Sonatrach.
Le pétrole se raréfie, nous préférons la garder sous le contrôle total de l’Etat. D’ailleurs, c’est pour cela que la loi sur les hydrocarbures a été modifiée. Il y a des entreprises d’utilité publique: la Sonelgaz, la SNTF et les ports. L’Etat doit rester majoritaire dans le capital », a expliqué M. Temmar qui a révélé que des cabinets d’affaires seront engagés pour aider les sociétés de participations de l’Etat dans les privatisations.
M. Temmar a annoncé également la décision du gouvernement d’ouvrir le capital du CPA à hauteur de 51% en ajoutant: « Les dossiers de privatisation des grandes entreprises comme Air Algérie, la SNTA, la SNVI sont gérés par mon ministère et seront traités la semaine prochaine».
Par Hamid Guemache - Quotidien d'Oran
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