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Actualité

 

L’exigence de la réconciliation en Algérie

 

Réconciliation en AlgériAlgérie - Patiemment, l’Algérie progresse dans la voie de la paix et de la réconciliation, après avoir parcouru celles de la rahma puis de la concorde civile, toutes jonchées d’immenses douleurs et d’indicibles tragédies qui rendent d’autant plus douloureux le travail de deuil auquel est confronté le peuple algérien.

Immense est en effet l’affliction des dizaines de milliers de familles éprouvées, immense est le traumatisme du peuple algérien qui a vécu une décennie cauchemardesque au cours de laquelle les limites de la barbarie ont été repoussées à leur extrême.

Toujours, dans les conflits qui ont endeuillé bien des pays, en Afrique du Sud, dans la région des grands lacs, au Chili, en Argentine, un bras de fer a opposé réconciliateurs et éradicateurs mais, toujours, la raison l’a emporté, dès lors qu’il s’agit de restaurer la paix et de fermer définitivement la porte d’une arène fratricide.

Parmi les signes concluants de la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation, voici que Rabah Kébir et ses adjoints, qui ont une certaine responsabilité dans la tragédie nationale sont de retour en Algérie.

Représentants d’une instance exécutive moribonde au nom du Fis-dissous, ils viennent conforter la démarche du président de la République et par là même, bénéficier des dispositions pratiques de la Charte, grâce à laquelle 2 200 détenus ont été déjà élargis et quelque 300 terroristes ont déposé les armes. La main tendue aux égarés revêt désormais tout son sens.

Quiconque, de Madani Mezrag à Rabah Kébir, est en mesure d’apporter sa pierre à l’édifice de la paix, dans le strict respect de l’esprit et de la lettre de la Charte, est le bienvenu dans la cité républicaine qui pardonne, sans pour autant absoudre.

L’Etat, un temps vacillant, n’est pas tombé sous la bourrasque de l’intégrisme et il a, depuis, démontré sa capacité à imposer les lois de la République à quiconque tente de les enfreindre, libérant le pays du carcan de la peur et des larmes. La crainte demeure, néanmoins, vivace quant à la possible résurgence de l’aventurisme et de la violence armée qui ont failli contraindre, à tout jamais, le peuple algérien.

Cette appréhension doit être tempérée par la certitude que les erreurs du passé ne seront plus de mise et que l’enjeu actuel, incontournable, essentiel, est de parvenir à la garantie pérenne de la sécurité dont peuvent et doivent bénéficier, en tout temps et en tout lieu, les jeunes du contingent, les militaires, policiers et gendarmes ainsi que les jeunes pervertis qu’on a entraînés dans les maquis, sous des prétextes divers.

C’est aussi cela, le sens et la quintessence de la Charte pour la paix et la réconciliation. D’où la volonté de mettre hors-jeu les partisans de la violence destructrice et de l’autisme politique, condition préalable à la synergie de la paix et du développement. Seul, un retour irréversible à la paix et à la sécurité permettra de régénérer l’indispensable confiance en l’avenir, tributaire de réformes multiples visant, principalement, à éliminer les prédations économiques et politiques. La réconciliation nationale est une exigence et un choix du peuple algérien qui ne peut être ni ignorée ni galvaudée, et encore moins méprisée.

Elle peut, en effet, servir de socle à la vaste entreprise d’assainissement des mœurs et des institutions, gangrenées par de nombreux maux sociaux tels que la corruption, le népotisme, le clanisme, le régionalisme, la hogra, tant et tant attendue par le peuple algérien.

Moment de thérapie nationale, elle est porteuse d’espoir, autant que de raison, et nous apprend que les peuples, comme les individus, ont besoin, pour avancer, plus que d’absolution, de vérité.

Par Azzedine Chabane - La Tribune

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