Algérie : L’Iran, le Proche-Orient et le Darfour sans... Bouteflika
Algérie - Le débat général de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouvert hier à New York. On y retiendra le dossier du nucléaire iranien, la paix au Proche-Orient, le Darfour et... l’absence de Abdelaziz Bouteflika.
Pour l’actualité internationale, les trois premiers dossiers sont perçus comme des crises majeures, à l’origine d’un cycle d’instabilités régionales et au centre de grosses négociations de positionnement entre les Etats-Unis, par exemple, et des pays à « influence » comme la France, l’Allemagne et la Russie.
Le menu de l’Assemblée prévoit ainsi un plaidoyer appuyé de George Bush, le président américain qui, dans un discours qualifié de « global » par l’AFP, va expliquer sa vision « censée justifier sa politique controversée au Proche-Orient » et ses « solutions » pour la crise du Darfour et le nucléaire Iranien.
Cette Assemblée générale sera aussi une tribune pour le président français Jacques Chirac venu défendre une solution européenne négociée de la crise iranienne et pour le président iranien, Mahmoud Ahmedinejad, venu lui aussi se faire l’avocat du droit à l’énergie nucléaire pour les pays du Sud et faire contrepoids à la campagne internationale menée par Israël pour imposer des sanctions contre l’Iran.
Cependant, et en attendant l’ouverture des séances prévues hier vers 17 h GMT, aucune information n’avait filtré sur la participation ou non du président algérien à ces débats.
L’agence officielle APS n’ayant donné aucun détail sur le niveau de la représentation algérienne durant cette Assemblée et la présidence n’ayant fait état d’aucun déplacement présidentiel prévu, la conclusion la plus logique a été celle d’une « absence » inattendue et d’un rendez-vous international qui ne pouvait être raté ou négligé que pour des raisons majeurs d’empêchement strict.
Après une présence très remarquée au 14ème sommet des non-alignés qui a eu lieu la fin de semaine dernière à La Havane, où il s’est fait le principal avocat d’une revitalisation du mouvement tiers-mondiste contre un monde unipolaire et après une inédite rencontre dans un lieu « tenu secret » avec le président cubain Fidel Castro lui-même au centre des interrogations sur son Etat de santé, Bouteflika semble avoir « sauté » le rendez-vous new-yorkais qui offrait pourtant une tribune encore plus haute pour sa vision politique internationale.
Le « menu » de l’Assemblée générale de l’ONU étant dans le prolongement du sommet des non-alignés organisé à Cuba, l’absence de Bouteflika à New York avait fini par relancer les spéculations habituelles sur son état de santé et offrir des arguments à ceux qui soutiennent que le dossier médical de Bouteflika n’a pas été clos avec son retour de l’hôpital français de Val-de-Grâce il y a presque un an.
Les ratés de la communication présidentielle à cette époque et les explications officielles tardives fournies après coup avaient « installé » une tradition de la spéculation qui sera d’actualité après les « vacances » du président de la République durant cet été et la cinquantaine de jours de son « invisibilité » sur la scène nationale et médiatique à cette époque.
Il aura fallu attendre son discours d’ouverture lors d’une réunion des gouverneurs des banques arabes le 04 septembre et son déplacement en Libye à l’occasion du 7ème anniversaire de la création de l’Union africaine, l’UA, pour stopper les interrogations.
Signe clinique d’une rupture de confiance « médiatique » en Algérie, les absences de Bouteflika autant que les simples décalages de rendez-vous internationaux même mineurs ou sans incidences directes sur l’actualité nationale, semblent être une occasion répétitive pour relancer la polémique sur l’état de santé du président de la République. Le rendez-vous « négligé » de l’Assemblée générale de l’ONU semble en être un énième épisode.
Par Kamel Daoud - Quotidien d'Oran
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