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Actualité

 

Jeu de cache-cache des fruits et légumes en Algérie

 

Ramadhan en AlgérieAlgérie - Le ministre du Commerce et le président de la chambre nationale de l’agriculture (CNA) rassurent: les fruits et légumes et autres produits alimentaires de première nécessité seront disponibles, voire abondants, durant tout le mois de Ramadhan.

Outre la disponibilité, les brigades de contrôle qui sont tenues d’effecteur des descentes sur le terrain tous les jours (même les week-ends) devraient surveiller de très près la qualité des marchandises exposées et les conditions de leur commercialisation. La seule chose que nul ne semble pouvoir contrôler est celle des prix.

El Hachemi Djâaboub qui a réuni hier les directeurs régionaux de commerce, les directeurs de commerce de wilaya, les chefs d’inspections frontières, l’Union générale des commerçants et artisans algériens, le président de la CNA, le président et DG de la CACI et les associations de protection des consommateurs, a en effet rappelé que hormis le lait et la pain, «les prix sont libres et ils ne répondent qu’à la règle de l’offre et de la demande».

Les efforts de la tutelle et de ses différents services de contrôle interviendront pour «éviter la spéculation et les positions monopolistiques». Une spéculation qui, selon le ministre, trouve ses origines dans le manque flagrant aussi bien de marchés de gros que de détail en Algérie. Il rappelle, à ce propos, que le pays ne compte que 40 marchés de gros et 800 de détail. Et c’est cette réalité qui fait que «60% des légumes et fruits produits en Algérie s’écoulent hors circuits formels».

Pour remédier à cette situation et comme solution à moyen et long terme aux désordres que connaît le marché lors de chaque mois de Ramadhan, il sera question de construire d’autres infrastructures: «le gouvernement a adopté un programme portant construction de toute une chaîne de marchés de gros et d’autres couverts et de détail au niveau des communes».

Aussi, il a annoncé que le président de la République et le chef du gouvernement ont donné leur feu vert pour que les walis et les banques établissent des conventions qui permettent de dégager des crédits destinés à la construction de marchés couverts au niveau des communes. Une fois réalisés, ces espaces de vente seront mis en concession. En fait, El Hachemi Djâaboub s’est dit convaincu que le marché informel des fruits et légumes disparaîtra si des espaces de vente sont suffisamment disponibles.

Chose que semble partager le président de la CNA, M. Oueld El Hocine. Il a expliqué que les agriculteurs mettront sur le marché, comme c’est le cas depuis 3 ans et grâce au PNDA, des quantités suffisantes de fruits et légumes. Il ne reste qu’aux autres acteurs qui constituent les maillons de la chaîne de faire correctement leur travail, et à leur tête les commerçants. Selon lui, «il y a une chaîne de spéculation et de rente spéculative qui pénalise les consommateurs».

Et ces derniers sont, justement, appelés à faire preuve de sagesse et de ne pas s’affoler car c’est cet affolement qui cause la hausse des prix durant les premiers jours du jeûne. Et puis, précisent le ministre et le président de l’UGCAA, «le Ramadhan n’est pas un mois de consommation mais de la rahma».

En attendant de réguler définitivement l’activité, le contrôle sera renforcé, a rassuré le ministre du Commerce, durant tout le mois de Ramadhan. Les directions de commerce de wilaya ont reçu dans ce sens des instructions «fermes».

En fait, en plus de l’obligation qui leur est faite d’effectuer des descentes quotidiennes sur le terrain et de transmettre leurs constats quotidiennement à la direction du contrôle et de l’organisation des activités commerciales, les 3.500 agents de contrôle de qualité sont tous privés de congés durant cette période.

L’accent sera particulièrement mis sur les marchés de gros, les centres de stockage et les abattoirs, a affirmé le premier responsable du secteur qui a rappelé que l’administration sera intransigeante pour ce qui est des abattoirs illicites. Il rassure, au passage, que la viande sera disponible malgré les 400 cas de maladie de la langue bleue qui a touché le cheptel.

Une même rigueur sera de mise pour ce qui est de l’application des deux décrets portant étiquetage et conformité des produits alimentaires. Les inspections de frontières sont renforcées en agents qualifiés pour justement veiller à ce que les produits importés soient de bonne qualité.

Les réserves soulevées par des importateurs sur ces deux textes, précise Djâaboub, ne changeront rien à la détermination des pouvoirs publics de mettre de l’ordre. Il est, selon lui, inadmissible que des produits qui ne sont pas étiquetés, donc ne renseignent pas sur leur qualité et leur origine, entrent sur le marché.

Parlant toujours d’importateurs et d’ordre, le ministre a révélé dans une conférence de presse à l’occasion de la tenue de cette rencontre que l’obligation qui leur a été faite de se constituer en société n’a en aucun cas perturbé le marché de l’importation. La disparition «heureuse», dira-t-il, de quelque «9.500 faux importateurs» sur les 32.000 existants n’a pas en tous les cas empêché le volume des importations d’augmenter en 2005 pour dépasser les 20 milliards de dollars.

Enfin, interrogé sur le processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC, il a rappelé que l’Algérie attend de Genève un rendez-vous pour tenir son 10ème round de négociation. Mais et au sujet des dossiers de la discorde dont les subventions des produits agricoles et l’ouverture de l’audiovisuel, le ministre de tutelle a expliqué que «l’Algérie ne fera plus de concession et que la balle est dans le camp de l’OMC».

Par Ghania Amriout - Quotidien d'Oran

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