Mouvement de grève des chauffeurs de taxi en Algérie
Algérie - La grève des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger a finalement été annulée. Prévu pour hier et aujourd’hui, le débrayage devait se poursuivre un jour par semaine jusqu’à satisfaction des revendications brandies par la corporation au niveau de la capitale.
Mais le dialogue a fini par porter ses fruits, selon le président du comité national des chauffeurs de taxi, M. Hocine Aït Braham, qui nous a fait savoir que deux rencontres ont eu lieu les 16 et 18 de ce mois, la première avec le directeur du transport de la wilaya d’Alger, la seconde avec le chef d’état-major de la Sûreté nationale.
«Nous avons discuté de tous les problèmes qui se posaient et nous sommes arrivés à trouver des solutions à nos revendications».
Notre interlocuteur a indiqué que la majorité des points soulevés ont été satisfaits par le directeur du transport qui s’est engagé à réactiver la commission technique au niveau de la wilaya d’Alger dont le rôle est de gérer le métier des chauffeurs de taxi et de «faire des propositions et des études de projets de loi, ce qui déchargera la direction du transport du monopole de décision qu’elle détient jusque-là», à continuer à appliquer la réglementation en vigueur en ce qui concerne les véhicules, à fixer à partir de la semaine prochaine les stations par la réouverture de celles existantes et par la création d’autres, à éviter les dépassements administratifs qui s’exercent à travers l’immobilisation du taxi après le retrait des documents d’exploitation, et, enfin, à encourager le recours au roulement (doubleur) entre le chauffeur de taxi et un membre de sa famille.
D’un autre côté, et selon M. Aoudia Ahmed Zineddine, chargé de l’organique au sein du bureau des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger, la rencontre avec le chef d’état-major de la Sûreté nationale a abouti sur l’engagement de ce dernier à donner des instructions pour éviter l’amalgame entre une faute professionnelle -telle que le jumelage, le refus de travail et l’inexistence de la boîte à pharmacie- et le non-respect du code de la route.
«En cas de faute professionnelle, seuls le permis de place, la carte violette et la feuille de contrôle technique doivent être retirés. Mais les agents de l’ordre nous enlèvent même le permis de conduire et la carte grise, nous mobilisant ainsi».
Dans ce cas de figure, le chef d’état-major a donné sa parole que les documents saisis, en l’occurrence le permis de conduire et la carte grise, seront rendus à leurs propriétaires dans les 48 heures qui suivront leur retrait. «Jusqu’à maintenant, il faut entre 20 jours et un mois avant de retrouver leur trace et les récupérer», a souligné M. Aoudia qui a affirmé que décision a été prise au cours de cette rencontre d’éradiquer les taxis clandestins.
Deux points restent en suspens : la question liée aux impôts et celle se rapportant aux sanctions suite aux infractions au code de la route. «Le chef d’état-major nous a répondu que le deuxième point ne relève pas de ses prérogatives en affirmant que l’agent de l’ordre ne fait qu’appliquer la loi, une loi adoptée par l’APN sans nous consulter» a déclaré M. Aoudia avant d’indiquer que le secrétaire général de l’UGCAA s’est engagé à prendre en charge ce dossier.
Quant aux impôts, MM. Aït Braham et Aoudia ont affirmé avoir «reçu une information selon laquelle le ministre des Finances prépare une loi en vue d’appliquer un forfait à tous les artisans. Nous attendons la présentation du dossier à l’APN pour connaître le montant de ce forfait».
Toujours à propos du paiement des impôts, les chauffeurs de taxi demandent l’effacement de leurs dettes accumulées entre 1993 et 2003. «Les taxis n’ont pas travaillé pendant les années de terrorisme et il y avait absence des services des impôts durant la même période. L’administration n’a pas fait son travail» a relevé M. Aoudia qui a fait part de la décision du comité des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger de saisir à ce sujet la direction générale des impôts.
Il a également affirmé que le bureau a accordé aux deux
parties un délai allant jusqu’à la fin du mois de Ramadhan pour la concrétisation de l’ensemble de ces engagements.
Par Rachida Merkouche - La Tribune
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