«Le terrorisme n’est plus une menace pour l’Algérie»
Algérie - La position du Rassemblement national démocratique n’a pas changé. Elle est la même d’avant la promulgation de l’ordonnance relative à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale que ce parti a soutenu. «Le RND est contre l’amnistie générale», a rappelé hier Ahmed Ouyahia lors d’une conférence de presse qu’il a animée à l’issue de la tenue de la 7e session du conseil national.
Pourtant, le Rassemblement a soutenu un texte qui, même s’il ne le précise pas expressément, n’en consacre pas moins l’amnistie des terroristes, puisqu’il prévoit l’extinction de l’action publique pour ceux qui étaient poursuivis en justice, en détention ou en fuite. Néanmoins, le SG du RND a estimé jeudi, lors de l’ouverture du conseil national pendant la conférence de presse, que les résultats de l’application de ladite charte sont satisfaisants. Il a également estimé que son parti a toujours soutenu la lutte contre le terrorisme «à moindre coût».
Comme à son habitude, Ahmed Ouyahia ne manquera pas de répondre aussi bien aux détracteurs de son parti qu’à ceux qui font de la politique dans les salons. Notamment en ce qui concerne la prorogation ou non de l’application des textes de la Charte.
Il rappellera à tout le monde que le document dispose, dans son article 47, que le président de la République peut à tout moment prendre des mesures à même de consacrer la réconciliation nationale.
«Nous soutiendrons ces mesures et nous nous mobiliserons pour leur application.» La Charte, ajoutera encore le SG du RND, a permis la prise en charge des familles de disparus, dont il évitait de parler il y a à peine quelques années, des victimes du terrorisme, des personnes qui avaient été licenciés de leur travail en raison de leur appartenance politique, ainsi que le retour de milliers de prisonniers parmi les leurs. Pour Ahmed Ouyahia, l’objectif premier de la Charte est de réconcilier les Algériens avec eux-mêmes.
Toutefois, a-t-il estimé, il faut continuer à dénoncer le terrorisme, dont les derniers actes sont relativisés par l’orateur qui laissera entendre que l’Algérie est revenue de loin et que la capacité des terroristes n’est plus ce qu’elle était.
En plus clair, elle réduite à néant, en dépit de quelques individus qui continuent à s’attaquer à des populations isolées, mais qui restent nuisibles. Et Ahmed Ouyahia de déclarer : «Le terrorisme n’est plus une menace pour l’Algérie.»
Il se félicitera de ce que la crise politique soit désormais derrière nous, dès lors qu’il y a eu le retour aux urnes. A propos de la révision de la Constitution, le secrétaire général du RND estimait lors du précédent conseil national, qu’elle n’était plus une priorité ni une urgence et qu’elle pourrait même générer une autre crise. Ahmed Ouyahia semble avoir changé d’avis puisqu’il a déclaré que son parti soutenait l’initiative du président de la République et que dès lors que le texte soit rendu public, le RND fera campagne pour son aboutissement.
D’ailleurs, l’ex-chef de gouvernement a été interpellé, lors de la conférence de presse, sur le pourquoi de ce soutien alors que le contenu est encore inconnu.
Il dira que son parti soutien l’initiative et que la Constitution, même si c’est la loi suprême du pays, elle n’est pas le Coran. «Le président de la République a déjà donné les grandes lignes qui sont la consolidation des institutions de l’Etat, la poursuite du processus démocratique et le renforcement de la stabilité du pays.»
Le patron du RND ne manquera pas de fustiger le FLN qui a présenté sa proposition de révision constitutionnelle au président de la République. Pour Ahmed Ouyahia, il ne revient pas à un parti politique de réviser un tel texte. «La Constitution n’a donné aucune prérogative à un quelconque parti pour sa révision. Celle-ci est du seul ressort du président de la République.»
Sur un autre plan, Ahmed Ouyahia a salué les efforts des pouvoirs publics pour le programme de développement. «Il n’y a aucun pays qui a dégagé autant d’argent [100 milliards de dollars] pour le développement économique.» Cela étant, l’orateur met en garde contre le fait de ne compter que sur le pétrole, dès lors que les cours sont instables. Il appellera d’ailleurs à un débat national sur le développement économique hors hydrocarbures.
Le SG du RND n’omettra pas de dénoncer les propos du pape Benoît XVI contre l’Islam, mais aussi le long silence des Etats lors de la guerre contre le Liban, ainsi que l’absence de réaction de la ligue arabe. L’Irak et la Palestine n’ont pas été oubliés par Ahmed Ouyahia qui souhaiterait que les conflits, dans ces deux pays, cessent sous peine d’embrasement de l’ensemble de la région.
Le conseil national du RND a pris des résolutions, dont la plus importante reste sans doute la préparation aux prochaines échéances électorales. Ce parti s’est félicité des activités qu’il a mené tout au long de l’été. Pas moins de 500, selon le décompte des responsables de cette formation politique. Ce qui augure de bonnes choses pour son avenir, selon Ahmed Ouyahia.
Par Faouzia Ababsa - La Tribune
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