Bush cite l'Algérie en exemple
Algérie - «L’Algérie a tenu sa première élection présidentielle à laquelle se présentaient plusieurs candidats et les militaires sont restés neutres». La phrase est du président des Etats-Unis, George W. Bush. Elle a été prononcée mardi dernier à New York lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU.
Bien qu’elle ne soit point la «première» élection présidentielle qui voit la participation de plusieurs candidats -1995 et 1999 ayant connu la participation de quatre et sept candidats respectivement (avec retrait de six postulants pour ce second scrutin)- l’élection du 8 avril 2004 se veut dans l’esprit du président américain comme un exemple parmi d’autres sur les «changements» qui se seraient produits dans cette partie du monde.
En effet, et en évoquant des «changements» intervenant au Moyen-Orient et qui «se produisent progressivement», George W. Bush estime que lesdites mutations intervenues dans la région englobant les Proche et Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, sont «réelles». Des changements, souligne le président américain, qui «sont bien réels».
A titre d’illustration desdits «changements», le chef de l’Etat US a, dans son discours onusien, prononcé une semaine après la célébration du cinquième anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001, aussi cité «les Émirats arabes unis [qui] ont récemment annoncé que la moitié des sièges de leur Conseil fédéral national serait pourvue par le biais d’élections».
L’Emirat du Koweït, ajoutera Bush, «a organisé des élections auxquelles les femmes pouvaient participer en votant et, pour la première fois, en briguant un poste électif», alors qu’en Arabie saoudite, «les gens ont voté lors d’élections municipales, en Jordanie et à Bahreïn ils ont voté lors d’élections parlementaires, au Yémen et en Égypte ils ont voté lors d’élections présidentielles auxquelles étaient représentés plusieurs partis».
Ainsi, selon le point de vue du président américain, le seul fait d’organiser des élections et scrutins qui voient l’entrée en lice de plusieurs participants suffirait pour relever des «changements» dans le sens de la démocratisation, faisant fi de la multitude et de la persistance des atteintes aux droits de l’Homme dans ces pays où les régimes sont en place depuis des décennies.
Soulignant qu’«il s’agit là d’étapes importantes» et que «les gouvernements devraient continuer à instituer d’autres réformes qui montreront qu’ils ont confiance en leur peuple», le président Bush -qualifié lors de la même assemblée générale de l’ONU de «diable», de «menteur» et de «tyran» par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, dont l’attitude est qualifiée par certains de «clownerie»- tempère, néanmoins, en indiquant que «tous les pays qui s’engagent sur la voie de la liberté le font à une vitesse différente et les démocraties qu’ils bâtiront refléteront leurs propres culture et traditions».
«Mais la destination est la même pour tous : une société libre où les gens vivent en paix, à la fois entre eux et avec le monde», note le président de la première puissance mondiale.
«De par sa nature, la liberté ne peut jamais être imposée. On doit la choisir. De Beyrouth à Baghdad, des peuples sont en train de choisir la liberté. Et les nations rassemblées dans cette salle [siège de l’ONU, NDLR] doivent également faire un choix : allons-nous soutenir les modérés et les réformateurs qui essaient d’instaurer des changements dans l’ensemble du Moyen-Orient, ou allons-nous abandonner l’avenir aux terroristes et aux extrémistes ? L’Amérique a fait son choix : elle soutiendra les modérés et les réformateurs», résume Bush.
Par Younes Hamidouche - La Tribune
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