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Actualité

 

Algérie : Chirac en guerre contre le GSPC

 

ChiracAlgérie - Plus que jamais, l’Etat français prend au sérieux la menace du GSPC. Et ce, depuis le message vidéo diffusé le 11 septembre dernier et où le n°2 d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, avait menacé la France d’attentats et annoncé le ralliement à l’organisation d’Oussama ben Laden du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

C’est devant cet état de fait que Jacques Chirac a réuni jeudi dernier «un conseil de sécurité intérieure auquel ont participé le Premier ministre Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy (Intérieur), Michèle Alliot-Marie (Défense) et Pascal Clément (Justice) sur la lutte contre le terrorisme.

Le chef d’Etat français a, lors de cette rencontre, fait le point avec les ministres concernés par la lutte antiterroriste». Et il a été question alors que «la vigilance s’impose face au danger et qu’il est nécessaire que dans un pays comme la France, la mobilisation soit forte et à chaque instant», a souligné aux médias le porte-parole du gouvernement français.

Ce que «reproche» Al-Qaïda à la France va de la loi de 2004 interdisant le port du foulard islamique dans les écoles publiques, à la décision de diriger la Finul au Liban, en passant par la présence militaire en Afghanistan et encore au soutien supposé au régime algérien.

Autant de lourds griefs qui peuvent prétendre à des représailles que les Français ne prennent pas à la légère et ont même pris les devants en instaurant des mesures bien à l’avance à commencer par le renforcement du dispositif de sécurité dans les transports parisiens.

Mais rappelons aussi qu’hormis le message direct de menace du 14 septem-bre dernier, les services français sont depuis une année sur le qui-vive, période à laquelle il a été constaté une réactivation de contacts entre sympathisants du GSPC, en France et dans plusieurs pays européens, dont l’Italie et l’Allemagne. Une cinquantaine de ces sympathisants sont aujourd’hui connus en France.

Aujourd’hui, comme l’avait déjà signifié Jacques Chirac, l’heure est à l’évaluation du niveau risque afin d’adapter continuellement les dispositifs de surveillance en conséquence. A signaler que la nouvelle menace qui pèse actuellement sur la France a été à l’origine du passage Vigipirate du niveau orange au niveau rouge avant le dernier niveau d’alerte.

Il a été aussi demandé aux ministres de l’Intérieur et de la Défense de faire des propositions sur les moyens de renforcer la protection des sites les plus vulnérables. De même que le gouvernement français s’applique à accompagner la lutte antiterroriste d’une politique visant à en traiter les causes, afin de prévenir la radicalisation des populations et le recrutement de nouveaux terroristes.

S’agissant de l’organisation terroriste du GSPC, il faut savoir qu’elle sera à n’en pas douter au centre d’une coopération de plus en plus accrue. Déjà, en mars 2005, bien avant que se confirment les liens du GSPC avec Al Qaïda,il était considéré comme le groupe terroriste le plus actif de toute la région.

«Créé en 1998, le nom-bre de ses membres est évalué à 450 personnes. Ses liens avec la mouvance terroriste internationale sont de plus en plus patents. Le responsable de ce mouvement, Nabil Sahraoui, a ainsi annoncé, le 11 septembre 2003, l’allégeance du GSPC à Al Qaïda. Ce faisant, «le GSPC a renoué avec un courant internationaliste et panislamiste incarné auparavant par le GIA», note un document de l’Assemblée française relatif à la coopération sécuritaire algéro-française.

«Alors que Nabil Sahraoui a été abattu par l’armée algérienne lors d’une opération de grande envergure le 17 juin 2004, son successeur, Abdelmalek Droukdal, n’a pas infléchi la ligne internationaliste du GSPC», est-il relevé. En octobre 2004, ordre était donné aux membres de ce groupe de «cibler les ressortissants français, de les enlever et de les tenir prisonniers».

Dans une lettre datée du 14 octobre 2004, Abdelmalek Droukdal sollicitait le concours d’Abou Moussab Al Zarkaoui, le terroriste jordanien, pour lutter contre notre pays et lui suggérait d’enlever nos compatriotes en Irak. En réponse à ces sollicitations, Al Zarkaoui diffusait sur Internet, le 19 janvier 2005, un message saluant les combattants du GSPC.

«Le rapprochement entre Al Qaïda et ce groupe est désormais patent bien que l’on ne puisse cependant réellement distinguer ce qui relève de la réalité et du simple effet d’annonce ou de propagande». Des doutes totalement levés depuis l’intervention de Zawahiri et la confirmation de ses liens par le GSPC.

«Si la lutte contre le terrorisme est déterminante dans la nécessité d’intensifier la coopération entre nos deux pays, d’autres questions justifient également des actions conjointes. C’est évidemment le cas de l’immigration irrégulière.

Il est régulièrement découvert des immigrés clandestins algériens à bord de navires ralliant des ports français, principalement Marseille», est-il encore souligné. Le document de l’Assemblée française rappelle que dans ce domaine, la coopération connaît une montée en puissance depuis 2001.

Elle se traduit par 6 réponses de la part des services de police français pour 20 demandes adressées aux autorités algériennes en 2001, 40 pour 54 en 2002, 164 pour 200 en 2003 et, enfin, 441 réponses pour 556 demandes du 1er janvier 2004 au 25 janvier 2005.

«Les services de police français se montrent satisfaits de la qualité des réponses apportées par les autorités algériennes et on peut citer quelques exemples marquants : en février 2004, la brigade financière de la Préfecture de Police a sollicité des renseignements sur le groupe Khalifa Airways. Les autorités algériennes ont fourni des éléments d’information complets sur la situation de cette compagnie qui ont permis de faire avancer l’enquête côté français.

En juillet dernier, les informations transmises ont également permis d’interpeller le responsable d’une association impliquée dans l’organisation d’une importante filière d’immigration illégale en provenance de l’Algérie. Plusieurs réseaux de trafics de faux visas ont aussi été identifiés grâce à cette coopération», souligne le rapport.

Par Habiba Ghrib - Le Jour d'Algérie

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