Algérie : En marge de la 2ème conférence mondiale d'Arusha - Sans concessions contre la corruption
Algérie - La corruption est un phénomène commun à la plupart des pays développés et à ceux en développement. C’est une menace qu’il faut affronter d’urgence avec sérieux.
En Algérie, avant les années 90, le régime de parti unique et la politique d’économie dirigée ont crée des bases de pratiques de corruption, qui ont généralement bénéficié aux tenants et associés du régime.
Le législateur algérien n’avait envisagé que l’incrimination d’actes limités, d’une importance relative, visant pour l’essentiel le fonctionnaire moyen et véreux et les dispositions légales n’appréhendaient pas les pratiques instituées par certains cadres supérieurs, en rapport ou non avec des institutions étrangères. La grande corruption économique n’était pas prise en charge.
Durant les années 90, le pluralisme politique et l’économie libre ont paradoxalement multiplié les occasions de corruption. Celle-ci de sporadique est devenue endémique.
Cette multiplication, conjuguée à la violence qu’a connue l’Algérie, a menacé la vie économique et sociale, elle a contribué à freiner le processus de démocratisation et elle a retardé l’établissement de l’Etat de droit. La non inscription de la lutte anti-corruption comme priorité avec la lutte contre la violence a sapé la confiance des citoyens dans l’institution étatique.
Le Président Boudiaf a, en 1992, tenté en vain d’entamer une opération de lutte contre la corruption mais, depuis sa disparition, le pays a longtemps attendu l’ouverture de dossiers sur la corruption et seules des infractions mineures et insignifiantes ont été mises à jour.
Le Président Bouteflika a, lors de son élection, promis de lutter contre la corruption. Il connaît l’ampleur du phénomène et la puissance de la délinquance politico-économique. Il a eu la volonté politique de rétablir, avec courage, la sécurité dans le pays. Il a commencé à désendetter l’Algérie.
Il abolit les monopoles. Il veut responsabiliser le pouvoir judiciaire. C’est ainsi que sous sa direction, l’Algérie s’attaque résolument au mal de la corruption et celle-ci commence à ne plus être un moyen d’agir et de gouverner.
Ainsi, plusieurs scandales éclatent régulièrement et révèlent de graves affaires de détournement et d’escroquerie. Ils sont dénoncés par une presse libre et responsable.
L’Algérie a, depuis, été parmi les premiers pays à signer le 09 décembre 2003 la convention des Nations unies contre la corruption. Elle a été le troisième pays après le Kenya et le Sri Lanka à ratifier cette convention le 19 avril 2004.
Elle a travaillé à sa mise en oeuvre en mettant en place des procédures qui se veulent efficaces et qui sont destinées à asseoir l’intégrité dans la vie publique algérienne.
Le parlement algérien a adopté et le président de la République a promulgué:
- La loi relative à la prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
- La loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption.
La mise en place d’instruments juridiques nouveaux a été rendue nécessaire par l’amplification du phénomène de corruption.
Ces instruments resteront insuffisants si une lutte organisée, permanente et sans concessions n’est pas mise en oeuvre contre ce mal qui reste une menace constante et élevée.
Cette lutte ne pourra aboutir à un résultat significatif sans la compétence, l’engagement et la loyauté des institutions et des hommes à qui cette mission est confiée.
Par A. Mahi Bahi - Quotidien d'Oran
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