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Actualité

 

L’heure des concessions a sonné pour l’Iran

 

Ahmadinejad IranIran - Ce n’est décidément pas le même Ahmadinejad qui fait encore parler de lui sur la crise du nucléaire. Fini les redoutables menaces à l’égard des Etats-Unis, les diatribes enflammés sur Israël et les promesses pas si lointaines de ne jamais renoncer à l’enrichissement du nucléaire.

Grâce à la troïka Mottaki-Larijani-Agazadeh, l’Iran avait réussi à tenir tête durant des mois à une communauté internationale lassée par autant d’intransigeance. Mais les temps semblent avoir changé, et le discours provenant de Téhéran semble bien avoir baissé d’un ton.

Prenant le pas à une éventuelle initiative hostile des Etats-Unis, le président de la République islamique d’Iran a surpris hier en se déclarant prêt à tout mettre sur la table des négociations si Washington renonçait à changer le régime en place. «S’ils changent leur comportement, il est possible de parler de tout […] C’est l’attitude et l’approche de certains politiciens américains qui gâche tout», a affirmé Mahmoud Ahmadinejad au grand journal de droite, le Washington Post.

Ce n’est pas la première fois que les Iraniens soufflent le chaud et le froid concernant leur aptitude à aborder l’épineux dossier du nucléaire avec leur interlocuteurs occidentaux.

Passés maîtres dans l’art de la diversion, les responsables politiques de l’Iran sont bien conscients aujourd’hui que c’est eux qui détiennent la clé d’un règlement de la crise qui empoisonne leurs relations avec les grands de ce monde.Mais le changement de ton iranien peut également s’expliquer par une certaine intransigeance américaine à ne pas lâcher Téhéran, et à tout faire pour le traîner devant le Conseil de sécurité de l’ONU, et cela en dépit du refus clair des Européens.

Réunis vendredi dernier à New York, les 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne), avaient de nouveau évoqué l’éventualité de sanctions économiques et commerciales contre l’Iran si ce dernier ne renonçait pas à suspendre son enrichissement d’uranium. Loin des menaces américaines, et de la prudence européenne, les Iraniens préfèrent tâter le terrain chez leur allies habituels, et voir surtout si ces derniers ne comptent pas céder aux pressions atlantistes.

Et pour s’en assurer, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique devrait se rendre aujourd’hui en Russie. Officiellement destinée à parler de la future centrale nucléaire de Bouchehr, la visite de Gholamreza Agazadeh devrait également lui permettre de s’assurer du soutien constant de Moscou face à la montée en puissance des Américains.

Les responsables russes, avec à leur tête le Président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devront réaffirmer à cette occasion leur détermination à protéger leur voisin perse.

Disposant d’un arsenal d’intérêts stratégiques en Iran, les Russes ne pourront en aucune manière accepter que ce pays puisse un jour subir une quelconque attaque militaire qui ruinerait son partenariat avec ce géant de l’Asie mineure. Projet faramineux en soi, la centrale nucléaire de Bouchehr devrait sortir de terre dans la ville du même nom, sur la rive du golfe arabo-persique.

D’une capacité de 1 000 mégawatts, cette centrale aurait dû entrer en service au deuxième semestre de l’année en cours, mais à cause du retard dans la mise en marche, son inauguration a été repoussée à la fin de l’année 2007.

D’une valeur de 800 millions de dollars, le projet a déjà bénéficié d’une enveloppe de 200 millions de dollars débloqués en mars dernier par le Parlement iranien.

Projet national, ce dernier ne devrait à présent rencontrer aucun obstacle à son entrée en service, il en va de la «grandeur» de l’Iran.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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