Accueil
Actualité
Forum
Petites Annonces
Annuaire
Trouver un Vol
Musique

Algerie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Culture Algérienne
 
 
 
 
Tourisme Algérie
  Se Rendre en Algérie
  Villes Algériennes
  Les Plages
  Les Hôtels
  Les Transports
 
Services
 
 
 
 
  Sonneries et Logos
Site Algérie-Monde
 
 
   
 
   
 

 

   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
     
Actualité

 

Algérie : Dangereux glissement

 

Prix et RamadhanAlgérie - Les doctes savants de l’islam n’auront pas été de bons conseils pour les cohortes affalées qui s’offrent sans le moindre effort de résistance à l’instinct basique d’une faune de commerçants prêts à les déplumer en psalmodiant le Coran.

Les complaintes, chacun l’aura remarqué, ne sont pas ce qui manque en ce mois de jeûne où la boulimie des consommateurs n’a d’égal que la cupidité des revendeurs, les uns et les autres par ailleurs gagnés à un incivisme seulement exacerbé, car meublant le décor social tout le reste de l’année.

Et pourquoi, diable, se plaindre de l’incandescence des prix quand, dans des pays autrement développés et aux mécanismes de la distribution pourtant bien huilés, la ruée sur les ventilateurs en période de canicule s’accompagne toujours d’une flambée de leurs prix ? Ah, encore la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande !

Le vrai problème n’est pourtant pas là, en Algérie. Les soucis du ventre ne sont pas à ce point invalidants et, du reste, ils trouvent toujours à se résorber après les premiers jours de dépenses compulsives, quand l’alerte commence à être au rouge, côté portefeuille.

Nous sommes dans la dérégulation et elle ne tarde jamais à réimposer son jeu. L’inquiétude, très sérieuse celle-là, est plutôt dans ce dépérissement de l’Etat qui fait ressembler de plus en plus son autorité au fétu de paille qu’évoque le corps ténu d’une adolescente anorexique.

Et Ramadhan, chaque année, ne fait que nous exposer la nudité des pouvoirs publics et leur inexorable glissement vers une impéritie qu’eux-mêmes reconnaissent payer dans une anarchie ambiante qu’au mieux ils essaient d’apprivoiser à défaut de la combattre efficacement.

On en est réduit, fatalisme aidant et rareté des actions concrètes et durables obligeant, à nous féliciter des bonnes intentions d’une administration qui cultive l’art de la fuite en avant pour mieux faire oublier son incapacité d’agir sur le présent.

Le commerce informel, nous dit-on, est responsable de l’envolée des prix des fruits et légumes. Un haut responsable, sans doute trop prudent, l’évalue à 60 %. Soit. Mais depuis le temps qu’on nous annonce en fanfare la construction de marchés de gros et de détail pour asseoir un contrôle des prix et des flux, c’est à se demander si le lobby de l’informel n’est pas plus puissant que l’Etat. La force publique, fortement sollicitée ces derniers temps pour venir à bout du phénomène, n’obtient que des résultats discutables. Forcément, si l’appareil judiciaire, un maillon essentiel dans cette lutte, n’est pas sérieusement mis à contribution.

Ailleurs, le débat est à la «chaîne pénale», cette synergie entre l’action du policier et du juge sans laquelle l’ordre public ne peut être décemment assuré. Et, par conséquent, le respect des lois qui fonde toute vie en société.

La voie est encore longue vers un rétablissement des normes qui délimitent les champs et les sphères, pérennisent les coexistences et les fluidités sociales, en un mot vers un Etat de droit minimal.

Le blocage serait-il dû à une corruption devenue tellement prégnante qu’elle paralyse tous les bras séculiers de l’Etat ou à une méthodologie d’intervention que le pouvoir n’arrive pas à élaborer ?

Par A. Samil - La Tribune

Algerie-Monde.com © 2005 - 2006 Tous Droits Réservés