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Actualité

 

La mouvance de la Justice en Algérie

 

BouteflikaAlgérie - Le malaise qui ronge la justice du pays a souvent fait l’objet de sévères critiques du président de la République, lors des précédentes cérémonies d’ouverture de l’année judiciaire, à l’occasion desquelles il a, chaque fois, réitéré sa détermination à construire «une justice organisée» dont les verdicts seraient «correctement rendus par des magistrats intègres et compétents».

Ce constat, contesté ou sinon relativisé par les responsables en charge du secteur, ne mésestime pas les réels progrès enregistrés en matière de modernisation des infrastructures ou d’adaptation des textes, et autres dispositifs, à l’évolution de la société.

Il n’en demeure pas moins que certaines insuffisances perdurent, par exemple, en ce qui concerne la formation et le perfectionnement des magistrats qui doivent être hissés au niveau des compétences internationales.

C’est là une tâche de longue haleine qui exige une stratégie volontariste, à même de bousculer les réticences et les inerties nombreuses qui minent le secteur. Des magistrats intègres et compétents existent, fort heureusement, et ils sacrifient, dans tous les sens du terme, aux charges, souvent pénibles, qui leur incombent. Mais l’opinion publique est à ce point convaincu du contraire, qu’il importe, également, de poursuivre une campagne de sensibilisation et d’information qui a recelé beaucoup de promesses, voici quelques mois, avec les journées «portes ouvertes» sur les tribunaux de certaines villes.

Se rapprocher du citoyen, jouer la carte de la transparence, informer des contraintes multiples et prégnantes (de nombreux magistrats se retrouvent avec des centaines de dossiers à traiter en un délai très court, suite au manque d’effectifs !), ce sont là autant d’exigences que le département de Belaïz est appelé à prendre aussi en charge.

Car le jeu des effets d’annonce a un côté pernicieux qui rend plus criantes les lacunes, malgré toute la bonne volonté investie, en vue de remédier aux difficultés.

Pour le justiciable, seule compte la réalité des faits et celle-ci se révèle souvent amère. Il y a donc, là, un profond fossé entre les attentes des citoyens et les promesses des responsables en charge de la réforme judiciaire. Sur un fond de polémique autour de certaines questions intéressant le Conseil supérieur de la magistrature dont on attend toujours la date de convocation, l’ouverture de l’année judiciaire est porteuse de lourdes interrogations sur la portée et l’efficience de la réforme en cours, au regard de certaines affaires retentissantes, que le chef de l’Etat va sans doute évoquer.

Il appartiendra, dès lors, au ministre de la Justice dont l’absence sur le terrain a quelque peu intrigué, notamment à l’occasion des deux importants séminaires de formation animés par des magistrats français et belges, de répondre, avec les arguments idoines, pour démontrer que la réforme, même si elle est lente et ardue, n’en poursuit pas moins son petit bonheur de chemin avec, au bout du compte, une justice enfin affranchie des pressions et des influences pernicieuses qui l’ont, trop longtemps, galvaudée et pervertie.

Par Azzedine Chabane - La Tribune

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