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Actualité

 

Liban : la souveraineté reportée

 

Ehud OlmertLiban - Afin de s’extirper du bourbier et surtout de la débâcle libanaise, Ehud Olmert avait mis tout son poids dans une normalisation avec la Syrie.

Mais face à la fermeté de Damas, et pour ne pas aggraver son impopularité, le Premier ministre israélien vient de faire marche arrière.

Disposant encore et certainement pour longtemps d’une précieuse monnaie d’échange, le Golan, le gouvernement israélien maintient la pression et se rétracte quant à d’éventuelles pourparlers avec le régime baathiste.

«Tant que j’occuperai les fonctions de Premier ministre, le plateau du Golan demeurera entre nos mains car il est partie intégrale de l’Etat d’Israël», a déclaré le chef du gouvernement israélien.

Les débuts avaient pourtant été prometteurs. En reconnaissant le rôle stratégique que pouvait jouer la Syrie au Moyen-Orient, le gouvernement israélien avait multiplié les discours de bonne intention à l’égard de Damas. Sans sombrer dans des demandes aguicheuses, les responsables politiques de l’Etat hébreu avaient même tenté de nouer le dialogue avec le régime syrien au moment où les armes venaient de se taire au Liban.

Amir Peretz fut le premier responsable à se jeter dans l’arène en proposant qu’un dialogue serein soit mis en place avec Bachar El Assad.

Le ministre israélien de la Défense avait heurté la sensibilité des radicaux dans son pays et avait surtout effrayé tous les colons qui habitent depuis des années dans le plateau du Golan.

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni avait, quant à elle, installé un bureau de normalisation des relations avec la Syrie au Ministère des Affaire étrangères, avec comme objectif l’étude de toutes les modalités pour un dialogue avec Damas. Sur le terrain, la situation ne se complique pas, mais n’avance pas aussi au rythme souhaité.

Alors que les derniers soldats israéliens auraient dû quitter le sol libanais depuis vendredi dernier, la Finul elle, constate le contraire, et le ministre israélien de la Défense vient à nouveau en expliquer les raisons.

«Le retrait de nos dernières unités encore stationnées au Liban-Sud est retardé car notre armée n’est pas encore parvenue à un accord avec la Finul sur les règles d’engagement des Casques bleus et de Tsahal en cas de violation du cessez-le-feu», a dit hier Amir Peretz. C’est à la recherche de ce précieux accord qu’ont débuté hier à Naqoura dans le sud du Liban les discussions entre la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) et l’armée israélienne.

Ayant pour seul objectif la préparation du retrait israélien, ces discussions doivent se dérouler de façon permanente afin que toutes les positions évacuées soient investies par les soldats de la Finul et de l’armée régulière libanaise.

Principalement dirigé contre le Hezbollah, la concertation entre l’armée israélienne et les Forces internationales sert surtout à éviter à ce que des positions abandonnées ne soient prises par les membres du mouvement de Hassan Nasrallah. Sorti grandi après le cessez-le-feu du 14 août dernier, le parti de Dieu commence peu à peu à payer le prix de ses attaques à l’encontre de la majorité parlementaire libanaise.

Suite à la manifestation monstre organisée en l’honneur de Hassan Nasrallah, Samir Geagea fut le premier à riposter au chef chiite. Devant des milliers de ses partisans rassemblés, devant lui à Harissa au nord de Beyrouth, le chef chrétien des Forces libanaises ne qualifie pas la fin de la guerre de victoire pour le Hezbollah, bien au contraire.

Il déplore la destruction programmée de l’économie libanaise causée selon lui par le déclenchement de ce conflit. L’ancien plus célèbre prisonnier du pays ne ratera pas l’occasion d’appeler de nouveau au désarmement du mouvement de la résistance libanaise.

Après avoir réussi à mettre le Liban à feu et à sang, le gouvernement Olmert aura réussi à creuser le fossé entre les différentes factions politiques du pays. Mais le plus grand souhait des Israéliens ne sera pas réalisé. Les Libanais sont bien trop aguerris pour retomber dans le piège de la guerre civile.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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