L'Algérie présente au sommet de l'organisation de la Francophonie
Algérie - Nonobstant la brouille politico-diplomatique qui marque la relation algéro-française depuis la votation dans l’Hexagone de la fameuse loi du 23 février 2005 glorifiant le rôle de la colonisation, l’Algérie choisit de faire acte de présence en qualité “d’invité spécial” au XIe sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
La représentation algérienne à ce rendez-vous de Bucarest, en Roumanie, se situe au niveau ministériel, contrairement au sommet de Beyrouth, au Liban, en 2002, où elle était au plus haut niveau.
Il y a quatre années en effet, l’Algérie participait au sommet de l’organisation, abrité par la capitale libanaise, Beyrouth, au plus haut niveau politique.
C’était le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui s’y était rendu, rompant, du coup, avec une attitude nationale auparavant outrancièrement réfractaire à cette organisation parrainée par l’ancienne puissance coloniale, la France.
L’analyse et le commentaire politiques avaient retenu, ce tabou bousculé, pour ainsi dire, que l’Algérie accomplissait un pas significatif vers une adhésion à l’organisation internationale de la francophonie.
D’autant que le président Bouteflika avait déclaré alors “qu’après avoir été récupérée et renforcée, notre arabité est suffisamment affirmée pour ne courir aucun risque” et que “l’Algérie a conscience que l’usage de la langue française permet à nos jeunes d’élargir leur horizon et de participer à l’évolution du monde”.
La frilosité identitaire qui, dans une large mesure, dictait à l’Algérie de demeurer en marge de l’OIF semblait dès lors vaincue. Aussi seule la considération politique pouvait suggérait à l’Algérie de se maintenir hors d’un tel forum.
Or, à la même période, entre le président algérien, Abdelaziz Bouteflika et le président français, Jacques Chirac, l’entente politique était quasi parfaite. Au point où les deux chefs d’Etat avaient résolu de parapher un traité d’amitié.
L’analyse politique n’avait donc pas tort d’évoquer une probable adhésion de l’Algérie à l’OIF. Les oppositions internes, traditionnellement alimentées par les partis islamo-conservateurs, étaient de plus des plus timides. En témoigne cet aveu de Belkhadem en 2004, dans le sillage du sommet de Ouagadougou, au Burkina Faso : “Nous n’avons aucun complexe à intégrer la francophonie (…).
Bien entendu, cette déclaration n’équivalait en aucune manière à une annonce d’adhésion. Officiellement, il faut le souligner, la question n’a pas été tranchée.
Cependant, l’adhésion de l’Algérie à l’organisation n’était plus un tabou. Décomplexées comme elles ne l’ont jamais été par le passé, les relations algéro- françaises plaidaient pour davantage de rapprochement de l’Algérie de ce forum francophone.
Mais il y eut la brouille politico-diplomatique née des suites de la votation en 2005 de la loi françaises du 23 février louant les vertus civilisatrices de la colonisation. Alger et Paris, depuis, sont restées distantes l’une de l’autre, se contentant d’entretenir une relation correcte. Point d’amour excessif. Le traité d’amitié qui devait être paraphé avant la fin 2005 est relégué aux calendes grecques.
L’Algérie, en dépit de cela, participe aujourd’hui et demain, à Bucarest, en Roumanie, au sommet de l’OIF. Un sommet auquel elle est représentée par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui.
Une présence symbolique mais non dénuée d’intérêt diplomatique. L’Algérie en effet est invitée à ce sommet en tant que pays invité spécial”. En participant, l’Algérie voudrait certainement signifier qu’elle reste disponible pour un échange avec l’OIF.
Une disponibilité que le froid algéro-français n’a pas entamée.
Par Sofiane Aït Iflis - Le Soir d'Algérie
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