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Actualité

 

Algérie : Bouteflika insiste sur l’éradication de la corruption dans le système judiciaire

 

BouteflikaAlgérie - «La justice est tenue de se prononcer et de statuer avec célérité entre les justiciables, autrement ces derniers perdraient confiance, douteraient du rôle qui lui est assigné et finiraient par croire que son seul objectif est de porter atteinte à leurs intérêts.»

C’est ce qu’a déclaré hier le chef de l’Etat à l’ouverture de l’année judiciaire, non sans appeler les magistrats à trouver la solution à ce qu’il a qualifié de fléau.

En dépit des chiffres avancés par le garde des Sceaux sur le traitement des affaires, le président de la République n’en semblait pas convaincu.

Il a déploré que la loi ne soit pas appliquée. Il en voudra pour exemple le fait que les dispositions relatives à la création de l’instance nationale de prévention et de lutte contre la corruption n’ont toujours pas été mises à exécution, tout en appelant le gouvernement à hâter l’installation de ladite instance. En effet, la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption stipule en son article 17 l’institution d’un organe chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption.

Cet organe a pour mission, entre autres, de collecter, centraliser et exploiter toute information «pouvant servir à détecter et à prévenir les actes de corruption […]», de «recueillir périodiquement les déclarations de patrimoine des agents publics, d’examiner et d’exploiter les informations qu’elles contiennent et de veiller à leur conservation, de recourir au ministère public en vue de rassembler les preuves et de faire procéder à des enquêtes sur des faits de corruption […]»

Cela, bien sûr sans empiéter sur la mission des organes et autres institutions devant lesquels la déclaration de patrimoine a été déposée. En somme un organe qui viendrait en appoint y compris à la cellule de traitement du renseignement financier. Tant il est vrai que prouver la corruption relève quelque peu de l’impossible s’il n’y a pas de flagrant délit.

Aussi, les textes promulgués ces dernières années arrivent à point nommé pour contrôler l’enrichissement illicite et suivre le comportement quotidien des agents publics ou autres. Rappelons que la loi de février 2006 fait obligation aux agents publics et aux élus de déclarer leur patrimoine.

Il s’avère malheureusement que très peu d’entre eux l’ont fait et certains sur la base de la loi de 1997 abrogée par celle de février de cette année. Dès lors, il est clairement établi que même des membres du gouvernement se sont placés dans l’illégalité du fait que lorsque la déclaration est déposée devant l’institution concernée, elle est publiée au Journal officiel.

Ce qui est loin d’être le cas. Cela, au moment où tous les officiels, ne cessent de discourir sur la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent. Le principe de «faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais», semble se vérifier. Et ce n’est pas pour rien que le président de la République s’est élevé contre la non promulgation de décrets d’application de la loi contre la corruption.

«La lutte contre la corruption, la dilapidation des deniers publics, le blanchiment d’argent illicite et le détournement de biens doit se poursuivre sans relâche dans le cadre de la loi, seul juge et moyen légal auquel recourt tout un chacun pour réprimer et condamner tout acte illicite», a déclaré M. Bouteflika qui a insisté sur l’éradication de ce fléau du système judiciaire.

Les scandales ayant ébranlé le secteur des banques, aussi bien publiques que privées, les affaires de détournements qui défrayent en ce moment la chronique par la mise sous les verrous de nombreux responsables, élus et membres d’exécutifs de wilayas renseignent sur l’ancrage de ce fléau dans la société et au niveau de la plus petite échelle. C’est malheureusement devenu une culture, voire une seconde nature.

Par Faouzia Ababsa - La Tribune

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