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Actualité

 

Algérie : La réconciliation sans équivoque

 

Abdelaziz BouteflikaAlgérie - Dans son discours d’ouverture de l’année judiciaire, au siège de la Cour suprême, le président de la République a mis l’accent sur les enjeux et les défis de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, réitérant sa détermination à poursuivre cette œuvre de longue haleine dont dépend le destin de la nation.

Conscient des dangers qui menacent, aujourd’hui encore, le fragile processus de restauration de la paix et de la sécurité mais décidé à veiller à sa sauvegarde et à sa pérennité, en avançant avec pragmatisme dans la consolidation des résultats déjà enregistrés, le chef de l’Etat a, en quelque sorte, rappelé le sens et l’importance de la démarche afin de dissiper, même de manière elliptique, les équivoques et les incertitudes, sciemment ou inconsciemment entretenus par certains milieux sur l’application de la Charte.

Les dispositions de celle-ci sont éminemment claires. L’Etat s’est voulu magnanime, de par sa force et sa capacité à préserver le caractère républicain des institutions du pays et à poursuivre l’expérience de leur démocratisation graduelle.

Il a accordé la rahma puis il a opté, sans atermoiement, pour une approche basée, un temps, sur la concorde et, désormais, sur la réconciliation. Autant d’efforts, autant de pas en avant nécessaires et utiles afin de cimenter l’unité retrouvée du pays, panser ses blessures et assurer l’amorce de l’indispensable travail de deuil qui concerne des milliers de familles.

Un bilan exhaustif de la mise en application des dispositions pratiques de la charte montre que, très vite, plus de 50% des dossiers de demandes d’indemnisation des victimes de la tragédie ont été réceptionnés, que la réintégration de 365 travailleurs licenciés pour des motifs liés à cette sombre période ainsi que l’indemnisation de 1 080 autres ont été concrétisées. Comme on a, aussi, observé l’élargissement de 2 200 détenus répondant aux critères.

Pour la prise en charge des familles concernées, les services de sécurité ont délivré des procès-verbaux de constat de disparition dans des délais record, finalisé 5 000 enquêtes sociales et mobilisé 800 équipes spécialisées dans le soutien psychologique.

La célérité avec laquelle les dossiers sont pris en charge a permis le retour à la vie normale d’un grand nombre d’épouses et d’enfants qui ont vécu, de gré ou de force, dans les maquis terroristes.

L’Etat a, enfin, mis l’accent sur l’importance des représentations consulaires pour permettre aux ressortissants algériens à l’étranger de bénéficier des textes de la charte dont l’application a touché, à ce jour, 40 000 personnes bénéficiaires des mesures édictées.

Indéniablement, l’Algérie s’est réappropriée sa sécurité et son indépendance, grâce aux efforts de ses diverses institutions et corporations ainsi qu’aux résultats probants de la mise en œuvre de la Charte. Votée quasi unanimement par le peuple algérien, cette charte est une profession de foi de nature à faire perdurer l’élan salvateur.

Mais force doit rester à la loi, c’est-à-dire à la République, qui a tiré la leçon de l’amère expérience, vécue durant toute une décennie, pour mettre en place des garde-fous, à même d’interdire, à tout jamais, le risque d’une nouvelle aventure du même genre. En filigrane de son intervention, Abdelaziz Bouteflika a énoncé cette vérité dont il considère qu’elle doit s’imposer à tous comme une évidence minimale, si l’on veut que la Charte puisse connaître le destin qu’elle mérite et apporter au peuple algérien la paix à laquelle il a droit.

Sorti vainqueur d’une cruelle épreuve par laquelle on a tenté sa division, sa destruction et son émiettement, le pays n’aura de cesse d’en finir avec les résidus du terrorisme, a asséné le président de la République, avant de rappeler que la démocratie ne signifie pas l’anarchie et qu’elle n’autorise pas toutes sortes d’atteintes aux intérêts supérieurs de la nation, non plus que l’aventurisme porteur des germes de l’implosion.

Or, l’agitation qui règne depuis quelques semaines, dans certains milieux, suscite moult interrogations, voire une sourde inquiétude, donnant à croire que le pays est menacé d’une prochaine dérive. Pourtant, les dispositions de la Charte sont limpides qui disent que la main tendue aux égarés n’implique pas leur absolution et que l’exercice de leurs droits civiques doit être pesé en fonction de leur implication dans le bain de sang qui a endeuillé l’Algérie.

A cet égard, Abdelaziz Bouteflika a dissipé toutes les équivoques, en affirmant «être pleinement conscient» du risque, toujours patent, d’un dérapage susceptible de replonger le pays dans les affres de la tragédie déjà vécue et en réaffirmant l’entière détermination de l’Etat à barrer la route à tous les aventurismes qui voudraient faire revivre au peuple algérien la terrible épreuve qu’il a réussi, au prix d’immenses sacrifices, à surmonter.

Par Azzedine Chabane - La Tribune

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