La Finul prend les commandes au Liban
Liban - Le ton est toujours aussi menaçant du côté de Jérusalem.
Laminés par un conflit précipité, humiliés par une défaite mémorable, les responsables israéliens maintiennent tant bien que mal le cap des intimidations contre tous ceux qui ont ébranlé leur armée jadis invincible.
Au moment où tous les efforts internationaux se conjuguent afin d’apaiser la tension au Liban, Benyamin Ben Eliezer met de l’huile sur le feu en affirmant publiquement la volonté israélienne d’assassiner Hassan Nasrallah.
«Il faut liquider Nasrallah à la première occasion, car il incarne le mal aussi bien pour nous que pour les musulmans et les chrétiens», a déclaré l’ancien ministre de la Défense et actuel ministre des Infrastructures dans le cabinet de Ehud Olmert.
Mais cette nouvelle déclaration israélienne n’est pas une surprise.
Désemparé depuis le cessez-le-feu du 14 août dernier, le Premier ministre israélien veut coûte que coûte mettre en avant une certaine fermeté qui en réalité est tombée sous les roquettes du Hezbollah.
Victime d’une campagne de critiques sans précédent dans son pays, Ehud Olmert démontre de jour en jour qu’il ne lui reste que les mots pour rassurer son opinion publique déçue par autant d’inefficacité face au mouvement de la résistance libanaise.
Parallèlement à cela, l’Etat hébreu doit aussi donner des gages de bonne volonté à la communauté internationale. C’est la raison pour laquelle, il a décidé de donner la dernière touche à une promesse qui a tardé à venir. C’est aujourd’hui que les derniers soldats israéliens devraient quitter une terre libanaise foulée du pied durant des semaines.
Entamée quelques jours après le début du conflit le 12 juillet, l’incursion israélienne au Liban aura été aussi meurtrière qu’infructueuse. Jamais des troupes au sol de l’armée juive n’ont été aussi malmenées depuis la guerre israélo-arabe de 1973.
Trois villages à eux seuls symbolisent le combat héroïque des combattants du Hezbollah. Aïta Al Chaab, Maroun Al Raas et Bent Jbeïl. Martyrisés par un acharnement aérien et souillé par une offensive sans précèdent de centaines de chars d’assaut, ces trois grands villages du Sud ont été l’exemple parfait de la résistance prônée par le mouvement de la résistance libanaise.
Des dizaines de victimes tomberont des deux côtés, mais l’avancée israélienne sera quand même stoppée et même empêchée d’atteindre le fleuve Litani.
Concernant le retrait probable des forces de l’Etat hébreu, il aurait été communiqué par le commandant de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) au Premier ministre libanais en personne.
«Le général Pellegrini est entré en contact avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora pour l’informer que l’armée israélienne s’est engagée à achever son retrait du Liban-Sud dimanche», déclare un porte-parole de la Force internationale présente au Liban depuis 1978. Avec ce retrait complet et définitif, la Finul a bien du pain sur la planche.
Sécuriser la bande frontalière avec Israël, faciliter le déploiement historique de l’armée libanaise et surtout maîtriser le Hezbollah.
C’est la dernière mission qui semble être la plus difficile pour la force intérimaire. Sorti grandi par trente-quatre jours de guerre totale, le parti de Dieu ne compte pas accueillir les soldats étrangers avec des œillets.
Les responsables du mouvement chiite l’ont déjà fait savoir. Présence au Sud oui, désarmement non.
Le message est on ne peut plus clair.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune
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