L’UE veut négocier avec l’Algérie sur le dossier immigration
Algérie - L’Union européenne (UE) par le biais du Président du Conseil européen, en l’occurrence le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen, veut aller «sans tarder» vers des «négociations» avec l’Algérie sur le dossier complexe de l’immigration clandestine.
Dans sa missive-réponse envoyée fin septembre 2006 à huit dirigeants des pays les plus touchés par le phénomène de l’immigration illégale (Portugal, Espagne, France, Italie, Slovénie, Malte, Chypre et Grèce), la Présidence finlandaise de l’UE évoque ce qui se passe en Méditerranée et au Sud de l’Europe comme un «problème touchant toute l’Union européenne» et, par voie de conséquence, il convient d’y apporter des «réponses communes et ce sera par des actions concrètes que notre solidarité trouvera sa meilleure expression».
Dans cette missive, le Premier ministre finlandais suggère de préparer «soigneusement» les «décisions qui doivent être prises au Conseil européen de décembre prochain pour que l’Union européenne puisse répondre efficacement à ce problème».
Dans cet ordre d’idées et dans le cadre de la coopération avec le continent africain, d’où proviennent les principaux flux migratoires en direction de l’Europe, la Finlande donne à travers la lettre de son Premier ministre, un «aperçu» de la façon dont la Présidence finlandaise entend agir concernant ce dossier.
C’est ainsi que parmi les points abordés, outre le suivi de la conférence organisée en juillet dernier à Rabat et les investigations portant sur les routes migratoires en Afrique orientale (également mises en route) -le tout sera vraisemblablement être condensé à l’occasion de la Conférence conjointe entre l’UE et l’UA, prévue à la fin du mois novembre prochain à Tripoli, évènement qui sera suivi d’une conférence Euromed en 2007- figure la préoccupation européenne de «mettre en place par tous les moyens un système de réadmission respectueux des principes de la protection internationale».
«Les négociations avec l’Algérie doivent être engagées sans tarder», estime à ce propos le Premier ministre finlandais. Selon la vision de l’UE, le principe premier réside dans un partenariat avec les pays d’origine et de transit de l’immigration illégale.
L’importance d’une «politique commune» est mise en avant par le Président du Conseil européen qui met l’accent sur la nécessité d’une action durable sur les causes de l’immigration illégale «au lieu de nous contenter de l’endiguer bon an mal an».
A ce propos, l’Algérie, comme le rappelle l’APS, a eu à exprimer sa volonté d’inclure dans les pourparlers avec la partie européenne, la levée des discriminations qui frappent ses ressortissants en matière de voyage vers l’Europe, à commencer par les conditions d’octroi de visas et des conditions de voyages dignes.
L’APS rappelle aussi que l’Algérie fait l’objet d’une mesure d’exception qui fait obligation de soumettre à consultation des pays membres de l’UE, toute demande de visa Schengen, ce qui occasionne tous ces retards pour l’attribution de ce document, contrairement aux pays voisins.
La Finlande qui passera le relais de la présidence de l’UE à l’Allemagne qualifie, en ces lendemains de l’importante réunion abritée vendredi dernier par Madrid, la conférence eurafricaine de novembre prochain en Libye «de la plus haute importance et de la plus grande actualité».
Les pays membres de l’UE, notamment ceux directement concernés par les flux migratoires dont l’Espagne et la France, entendent mener une «politique d’immigration commune» comme l’ont souligné hier l’Espagnol Zapatero et le Français Sarkozy à l’occasion d’un entretien téléphonique, espèrent voir leurs efforts coordonnés avec ceux des pays de passage des candidats à l’immigration clandestine à commencer par le quatuor maghrébin Algérie-Libye-Tunisie-Maroc et, plus vastement, la Mauritanie, le Sénégal et d’autres pays de la région du Sahel.
Par Younes Hamidouche - La Tribune
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