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Actualité

 

Darfour : l’Europe se jette dans l’arène

 

EuropeEurope - La communauté internationale est désarçonnée. Acceptation et refus d’une force internationale se multiplient, côté soudanais, à un rythme effréné. Depuis que le Darfour est devenu, par un étrange hasard, une des priorités des Nations unies et de l’Occident, le gouvernement de Khartoum se voit pris au piège des appétences humanistes de tous ceux qui veulent, en réalité, mettre un pied au centre du continent et ne plus l’enlever.

De l’Amérique à l’Extrême-Orient, en passant par l’Europe, les appels pour l’envoi de Casques bleus dans cette province de l’ouest du pays se multiplient au point que le gouvernement soudanais a même songé à expulser les 7 000 soldats africains stationnés dans cette région.

Dépêchés pour une mission de maintien de la paix, les contingents de l’Union africaine essayent tant bien que mal d'apaiser la tension sur place. Composée en majorité de soldats nigérians, elle reste toutefois victime d’un manque de crédibilité et surtout de la méfiance des autorités soudanaises.

Exercées jusque là à partir des salon feutrés de Washington, de New York ou de Bruxelles, les pressions sur le président Omar Hassan Al Bachir se feront désormais à Khartoum même.

Arrivé samedi dernier au Soudan, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Durao Barroso, n’a pas hésité à faire part de sa vive inquiétude quant aux récents développements sur le plan sécuritaire.

Mauvais de jour en jour, ces derniers continuent à faire couler le sang de plusieurs centaines de Soudanais victimes d’une tragédie qui dure depuis plus de deux ans et demi. «La Commission européenne est extrêmement inquiète de la situation au Darfour et cherche à résoudre cette question à travers un dialogue politique constructif», a dit le chef de la commission de Bruxelles.

Et l’ancien Premier ministre portugais n’en démord pas. A l’issue de sa rencontre avec le président soudanais Omar Hassan Al Bachir, il n’omet pas de rappeler la volonté européenne et internationale de remplacer les militaires africains présents au Darfour par des Casques bleus de l’ONU. «La Commission recherche une solution à l’impasse actuelle dans laquelle se trouve le Darfour, liée au transfert du mandat de la force de l’Union africaine à une future force de l’ONU», a déclaré José Manuel Barroso.

Cette visite capitale de l’émissaire européen à Khartoum vise apparemment deux objectifs principaux. Le premier consiste à marquer le respect pour le gouvernement soudanais vilipendé jusque-là par la communauté internationale, et le deuxième est de convaincre ses interlocuteurs de la nécessité d’envoyer des soldats internationaux ou à défaut de maintenir les 7 000 militaires nigérians de l’Union africaine sur place. Dans le sillage du président de la Commission européenne, ce sont les Nations unies qui interviennent une nouvelle fois pour montrer leur intérêt à la province martyre de l’ouest soudanais.

C’est l’envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan Jan Pronk qui en a fait l’annonce hier. «L’ONU est prête à fournir l’assistance nécessaire à la mission de maintien de la paix de l’Union africaine au Darfour, en accord avec le gouvernement», a affirmé le diplomate néerlandais. Avec cette nouvelle agitation diplomatique, la communauté internationale fait un virage à cent quatre-vingt degrés.

Des menaces à peine voilées à l’encontre du régime de Khartoum, on se dirige aujourd’hui vers la recherche d’un consensus afin de ménager un régime discrédité par autant d’intransigeance.

Autre type de diplomatie, c’est Amr Moussa qui devrait se rendre aujourd’hui au Soudan. Le Secrétaire général de la Ligue arabe aura sans doute un meilleur accueil que celui réservé au président de la Commission européenne. On s’entend bien entre alliés !

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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