L’Algérie, l’Espagne, le gaz et les clandestins
Algérie - La première vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de La Vega, est attendue aujourd’hui à Alger pour une visite de travail.
Mme de La Vega sera accompagnée du ministre espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, Miguel Angel Moratinos, selon le ministère des Affaires étrangères.
Les deux hauts responsables espagnols auront des entretiens avec de hauts responsables algériens. Une séance de travail réunira la vice-présidente du gouvernement espagnol et le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui. Les entretiens tourneront autour du renforcement des relations politiques et économiques entre les deux pays.
L’énergie et l’immigration clandestine seront au coeur des débats.
L’Algérie fournit à l’Espagne près de 20% de ses besoins en gaz naturel. Actuellement en chantier, le gazoduc Medgaz reliera directement l’Algérie à l’Espagne à partir de 2008. Les compagnies espagnoles Repsol et Gas Natural sont très actives sur le marché algérien. Les deux compagnies ont décroché récemment un important contrat pour l’exploitation du gisement gazier de Gassi Touil, dont la production de GNL (gaz naturel liquéfié) est destinée au marché américain.
Le projet d’un gazoduc transsaharien entre l’Algérie et le Nigéria devra déboucher en Espagne à l’horizon 2015. Tout cela résume l’importance stratégique de l’Espagne pour le développement des exportations algériennes de gaz naturel.
En fait, l’Espagne représente, avec l’Italie, les deux portes qui permettent à l’Algérie d’atteindre et de renforcer ses positions sur le marché européen du gaz. Dans un contexte marqué par la volonté de l’Union européenne de diversifier ses sources d’approvisionnement en énergie et de la concurrence des gaz égyptien, qatari, iranien...
L’autre sujet «inévitable» entre Alger et Madrid, c’est l’immigration clandestine. Depuis plusieurs mois, l’Espagne tente de rallier les pays de la rive sud de la Méditerranée à sa politique de lutte contre l’immigration clandestine. Porte du «paradis européen» pour les harraga algériens, l’Espagne compte sur la coopération d’Alger pour l’aider à faire face au déferlement des clandestins africains sur ses côtes.
En dehors de l’énergie et de l’immigration clandestine, il reste d’autres sujets politiques, notamment le conflit du Sahara Occidental, et économiques comme la participation des entreprises espagnoles à la réalisation du plan de soutien à la croissance économique lancé par le président Abdelaziz Bouteflika en 2004.
D’un montant de 120 milliards de dollars, ce plan profite bien aux entreprises espagnoles qui ont décroché d’importants contrats dans les travaux publics, les chemins de fer...
A l’image des relations politiques entre les deux pays qui se sont améliorées depuis la visite en 2002 du président Bouteflika en Espagne, les échanges économiques ont également évolué. Ils sont passés de 4,16 milliards de dollars en 2004 à 5,94 milliards de dollars en 2005.
Par Hamid Guemache - Quotidien d'Oran
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