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Actualité

 

Algérie : Le véritable Pacte économique et social que l’on cache

 

UGTA AlgérieAlgérie - Qu’est-ce que le pacte économique et social qui a été signé avant-hier et présenté comme un congrès de la Soummam bis? Techniquement, c’est un document de bonnes volontés qui vise à faire de l’Algérie, la Corée du Sud de l’Afrique du Nord.

Un texte qui demande à tous de travailler pour tous pour tous s’enrichir. Une feuille de route qui fixe les priorités de l’Algérie, celles dont apparemment elle n’a pas idée depuis 62 et pour lesquelles il fallait attendre la fin du socialisme, la fin du terrorisme et la fin du «je m’en foutisme» pour les définir et les accepter.

Reste là cependant la définition politique de ce Pacte. Sans trop y insister mais suffisamment pour que cela soit clair, le document paraphé lors de la tripartite «triomphaliste» à 2.000 DA le bonheur, interdit tout bonnement toute revendication salariale durant quatre ans, tout recours à la grève durant quatre ans et toute «tension sociale» dans n’importe quel secteur durant quatre ans.

Durant quatre ans l’UGTA est invitée à être plus unique que jamais, le pays plus docile que jamais. Ce brusque gel du droit au «non» syndical qui va réduire le reste des syndicats autonomes à des restes d’époque et offrir quatre ans de «trêve», c’est-à-dire d’interdiction de réactions non agréés ou autorisées, est une véritable aubaine dont rêveraient sûrement des gouvernements étrangers embourbés dans des politiques sociales à revoir à la baisse.

Quatre ans pendant lesquels vous n’avez pas le droit de faire grève, de faire non de la tête ou de faire autre chose que ce que l’on vous dira de faire.

Le tout payé à 2.000 DA non négociables. 2.000 DA et un SNMG fixé à 12.000 Da que le syndicat de l’Etat et l’état alimentaire présentent comme un triomphe de la générosité publique, un sacrifice au vu de la «productivité» des Algériens et un grand geste de charité après des années d’agitation.

Un choeur qui masque avec une bonne mise en scène médiatique et politique la véritable réalité du pays: l’affreuse masse de ceux qui ne sont pas concernés par les 2.000 DA, ni par le SNMG parce que justement sans salaires, parce sans emplois.

Les générations non répertoriées de ceux que le socialisme d’antan a invité à faire beaucoup d’enfants et que les 2.000 DA d’aujourd’hui invitent à leur trouver un autre aliment de base.

Misérabilisme non-économique? Peut-être. Mais le plus gênant dans ce «mariage» célébré à Djenen El-Mithak, ce n’est pas cette fausse augmentation pour des gens qui déjà sont riches d’être employés, mais ce ton de bonheur, d’excès d’optimisme, de suffisance, d’insouciance face au réel et de réponses rose bonbon que se sont partagés les «fonctionnaires» de l’UGTA et ceux de l’Etat pour répondre aux évidences.

Pour conclure, et si le Pacte économique et social doit vous rappeler quelque chose c’est bien le souvenir de la Charte pour la Paix et son invitation faite aux Algériens pour «tourner» la page avec interdiction de lire, s’en souvenir ou en reproduire l’interrogation post mortem. Fixé sur le «passé» avec la Charte, on vient de l’être sur l’avenir avec le Pacte.

Par Kamel Daoud - Quotidien d'Oran

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