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Actualité

 

Israël-Fatah : cause commune ?

 

Mahmoud AbbasIsraël-Fatah - «Ce n’est pas à mon âge qu’on m’apprendra la démocratie». Ce sont les propos mêmes de feu Yasser Arafat prononcés lorsque la communauté internationale, faisait pression sur lui pour qu’il nomme un Premier ministre.

Quelques années plus tard, la démocratie a bien imprégné la société palestinienne, mais les caciques du pouvoir semblent bien déterminés à l’extirper de la scène politique.

Depuis la disparition de Abou Ammar en 2004 et sa marche forcée vers la démocratisation de l’Autorité palestinienne, les choses ont bien changé dans les territoires occupés. Bien trop pour les dirigeants du Fatah. Et ce changement a atteint son firmament en janvier dernier. Dans ce qui reste aujourd’hui comme les premières élections législatives réellement démocratiques dans le Monde arabe, le Hamas réalise un véritable raz-de-marée qui emportera le Fatah.

Mais en dépit d’une victoire incontestable, qui de surcroît à été reconnue par la communauté internationale, le Mouvement de la résistance islamique s’est fait bousculer et même provoquer par un Fatah téléguidé par le président Mahmoud Abbas. Et aujourd’hui, la situation semble de plus en plus complexe.

Après des mois entiers de lutte fratricide et meurtrière, l’accalmie qui s’en est suivie laisse de nouveau la place à une tension clairement perceptible. Après que les tractations sur un gouvernement d’union nationale se sont embourbées faute de consensus, le Fatah joue maintenant sur un autre front.

Oubliée la solidarité palestinienne et sa volonté de rapprocher les points de vue. Le mouvement de Abou Mazen affiche maintenant, et de façon on ne peut plus claire, sa détermination à convoquer de nouvelles élections législatives.

Une option accueillie comme du pain bénit par les responsables israéliens, qui d’ailleurs n’ont pas perdu de temps pour déclarer leur soutien anticipé au mouvement Fatah dans ces affrontements interpalestiniens. «J’espère que le Fatah va l’emporter, car je ne peux que me féliciter de tout ce qui peut affaiblir le Hamas», a déclaré hier Benyamin Ben Elizer.

Un des rares faucons du Parti travailliste israélien, l’ancien ministre de la Défense et actuel ministre des Infrastructures dans le gouvernement de Ehud Olmert, veut remettre de l’huile sur le feu en appelant sans ambages à anéantir le Hamas, pourtant détenteur de la souveraineté populaire.

Premier responsable de la situation sécuritaire inquiétante dans les territoires occupés, le Fatah pousse son intransigeance jusqu’à menacer ouvertement des chefs du Hamas. Ce sont les brigades des martyrs d’Al Aqsa, branche armée du Fatah, qui a fait part de ces menaces.

«les Brigades des martyrs d’Al Aqsa proclament haut et fort la décision du peuple et de la révolution de condamner à mort la source de la discorde, Khaled Mechaal, ainsi que Saïd Siam et Youssef Al Zahar. Nous nous chargerons d’exécuter cette sentence pour que cette canaille serve d’exemple à tout ceux qui songeraient à faire couler le sang palestinien», précise le groupe armé.

Avec ce nouveau type d’intimidation, le Fatah démontre une fois de plus son incapacité à participer à l’édification d’une Palestine libre. Et ça, les Palestiniens l’ont bien compris le 25 janvier dernier.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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