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Actualité

 

Le Sud-Coréen Ban Ki-moon succédera à Kofi Annan à la tête de l’ONU

 

Ban Ki-moon succédera à Kofi Annan à la tête de l'ONUONU - Il y est presque. Le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies lui est quasiment acquis. Sauf énorme surprise, il succédera à Kofi Annan dès le 1er janvier prochain.

Ban Ki-moon devant être formellement recommandé par le Conseil de sécurité dans les prochains jours, son élection ne constituera aucune surprise en Assemblée générale. Tout indique qu’il est déjà dans la peau de huitième secrétaire général de l’ONU. Lui, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, se dit «ravi» mais «accablé par la responsabilité».

Dans sa réaction hier au vote blanc, le quatrième du genre depuis l’été dernier, qui a confirmé -avec 14 votes d’«encouragement» (dont les cinq permanents), 1 voix «sans opinion» et aucune de «découragement»- toute la confiance placée en lui par les membres du Conseil de sécurité, l’actuel chef de la diplomatie sud-coréenne souligne qu’il est conscient de l’importance de la mandature qui l’attend à la tête de l’ONU.

Ban Ki-moon, rapporte l’AFP, espère pouvoir «combler le fossé» avec les Etats-Unis tout en poussant à une réforme de l’ONU. «Je peux paraître tendre vu de l’extérieur mais, quand c’est vraiment nécessaire, je peux faire preuve de force intérieure […].

En Asie, l’humilité est considérée comme une vertu. La douceur ne doit en aucun cas être perçue comme un manque de leadership ou de sens des responsabilités», dit-il en précisant que le dossier le plus urgent qu’il aurait à traiter concernait «la réforme du mode de gestion» de l’ONU. «Il faut promettre moins et accomplir plus», résume-t-il.

«Il est tout à fait clair aujourd’hui que M. Ban Ki-moon est le candidat qui sera recommandé par le Conseil de sécurité», a déclaré à ce propos l’ambassadeur de Chine à l’ONU, Wang Guangya, à l’issue de ce vote blanc sur les six candidats encore en lice.

Fort du soutien des «cinq grands» membres détenteurs du droit de veto (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) susceptibles de bloquer une candidature, et donc indispensable sur la voie de la succession à Annan, Ban Ki-moon a, en effet, souligné être «ravi des résultats du vote» mais, en même temps, il se sent «grandement accablé par la responsabilité».

Dans le pays de Ban Ki-moon, l’heure n’est pas encore à la jubilation mais elle est réglée d’ores et déjà à la satisfaction. Le parti au pouvoir relève que la mise sur orbite du ministre des Affaires étrangères du pays pour un poste très convoité constitue un «heureux événement» accueilli «avec ferveur» et l’opposition loue un événement qui «a ouvert de nouveaux horizons pour la diplomatie sud-coréenne».

La symbolique de l’annonce, lundi dernier à New York, des résultats du vote confirmatif du succès désormais tout tracé à la candidature sud-coréenne reste grande d’autant qu’elle intervient sous présidence japonaise du Conseil de sécurité.

Le Japonais Kenzo Oshima, président en exercice du Conseil de sécurité, a relevé devant la presse que le processus de sélection du successeur de Kofi Annan touchait à sa fin. «Le sentiment au Conseil, sur la base de ce vote informel, est que nous sommes prêts à un vote formel […], nous sommes très près d’une décision finale», a-t-il indiqué.

Bien que les relations entre Séoul et Tokyo ne soient pas, historiquement, toujours au beau fixe, le Japon a relevé hier qu’il soutiendrait la candidature de Ban Ki-moon.

«Nous avons toujours dit que le prochain secrétaire général devait être un Asiatique, c’est donc une bonne chose que ce soit le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Ban Ki-moon, comme prévu», a souligné le chef de la diplomatie japonaise, Taro Aso.

L’Indien Shashi Tharoor, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé de la Communication, et l’un des concurrents de Ban Ki-moon dans la course à la succession à Annan a annoncé, comme pour confirmer que le Sud-Coréen est le secrétaire général que la communauté internationale se prépare à plébisciter, avoir concédé la victoire par fax au ministre sud-coréen et l’avoir félicité.

L’Indien est arrivé second avec deux votes de «découragement» dont un d’un membre permanent.

Mais l’appui le plus lourd de sens demeure celui des Etats-Unis dont l’ambassadeur à l’ONU, John Bolton, s’est déclaré «très content» du résultat du vote. La Corée du Sud est l’un des plus sûrs alliés asiatiques des Etats-Unis.

Ban Ki-moon, âgé de 62 ans et diplomate de carrière (36 ans de service), est présenté par l’agence AFP en «faiseur de compromis». Passant des universités de Séoul à celle américaine de Harvard, il a consacré près d’une décennie de sa carrière à des missions liées aux Nations unies.

L’emploi du temps de Ban Ki-moon, acharné de travail, est strictement divisé en tranches de cinq minutes, ajoute un diplomate cité par l’AFP.

Par Younès Hamidouche - La Tribune

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