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Actualité

 

Immigration vers l'Europe, l’Algérie refuse de faire le gendarme

 

Immigration - AlgérieAlgérie - «Onze ans après la Déclaration de Barcelone et cinq ans après la signature des Accords d’association entre l’UE et les Etats maghrébins, le seul sujet à être au centre d’une préoccupation constante reste l’immigration clandestine, lorsqu’il n’empoisonne pas les relations entre les deux rives. La position d’Alger est claire : la question est de ne pas faire le gendarme de l’Europe.»

C’est essentiellement pour convaincre l’Algérie de la bonne foi des Européens que la première vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez De La Vega s’est entretenue lundi à Alger avec le président Bouteflika.

Une visite intervenue au lendemain de l’appel lancé par le président du Conseil européen pour l’ouverture «sans tarder» de négociations avec l’Algérie sur le problème migratoire, Mme De La Vega venait discuter du renforcement de la coopération diplomatique pour le rapatriement d’immigrés illégaux et solliciter l’aide des pays d’origine et de transit comme l’Algérie.

Après les événements dramatiques de Ceuta et Melilla en octobre 2005, dont l’Espagne a gardé un très mauvais souvenir, Madrid veut amener ses partenaires de la rive sud à contrôler les frontières africaines.

Certes, l’Algérie a montré sa disposition à lutter efficacement contre ce phénomène en renforçant le contrôle par ses garde-côtes à l’ouest du pays, en participant aux manœuvres de l’Otan à Gibraltar et en interceptant autant que possible des immigrants clandestins sur son immense territoire. Pour le seul premier semestre 2006, plus de 2 000 immigrés clandestins ont été interceptés.

Mais ces efforts ne semblent pas suffire à l’Europe qui a précédemment suggéré à l’Algérie de suivre l’exemple libyen, Tripoli ayant mis en place un certain nombre de centres d’accueil des immigrants sur son territoire. Le président du Conseil européen, Matti Vanhanen, Premier ministre finlandais, souhaite que l’Algérie fasse plus dans le domaine de la réadmission (expulsion) de ces immigrants.

L’on sait que dès après la tenue du premier conseil d’association UE-Algérie, l’Union a voulu, en priorité, mettre en place un sous-comité (cadre des négociations prévu dans l’accord d’association) qui traite de cette question, pour entamer immédiatement les pourparlers sur cette question.

La persistance de l’afflux des immigrants essentiellement d’Afrique subsaharienne, mais aussi d’Asie, en passant par les Iles Canaries, l’Ile de Lampedusa (Italie) ainsi que Malte, faisant 3 000 morts recensés, a accru l’acuité, du point de vue européen, d’une lutte commune contre cette immigration.

Le malentendu

Si du côté algérien on affiche une disponibilité pour un dialogue positif, il va sans dire que le problème n’est pas appréhendé de la même manière de part et d’autre. Pour l’Europe, notamment pour la classe politique européenne dans tous ses pays membres, l’immigration n’est ni un problème économique ni un souci identitaire.

Depuis le début des années 1970, soit vingt-cinq ans après la Deuxième Guerre mondiale, l’extrême droite, à qui l’on reproche encore d’avoir détruit l’Europe, ne cesse de remonter dans les élections successives en faisant siens les mots d’ordre racistes et xénophobes pour expliquer les différentes crises économiques et sociales.

On peut donc dire que l’immigration est une affaire capitale dans le processus de construction européenne. Dans le nouveau budget européen 2007-2013, il est prévu une importante augmentation des

dotations : 699,3 millions d’euros seront affectés au Fonds européen pour les réfugiés (FER), 676 millions seront affectés au fonds européen pour le retour et 1,820 milliard d’euros pour améliorer l’efficacité des contrôles aux frontières extérieures de l’UE.

C’est dire que les moyens sont mis. L’Algérie, pour sa part, refuse de poser le problème en termes techniques ou sécuritaires uniquement, mais plaide l’urgence d’une solution globale qui intègre l’amorce d’un plan de développement en direction des pays du Sud afin de maintenir les populations sur place.

Il est hors de question donc, de jouer le rôle du portier, tout comme il serait difficile de s’abandonner à la tendance mondialiste de la criminalisation des petits Etats en faisant de l’immigration clandestine un moyen de chantage à réguler suivant les conjonctures. Car quelque part, c’est bel et bien ce procès d’intention que se retient de faire Bruxelles à l’encontre des autorités algériennes.

A Alger, on soupçonne déjà les Européens de ne viser rien d’autre que de limiter le plus grand flux migratoire de l’Histoire moderne, à travers des accords d’association maquillés par une pseudo volonté d’aide au développement de la rive sud de la Méditerranée.

Et, sens de l’opportunité oblige, Alger n’a pas raté l’occasion de ces négociations pour demander que soit incluse la levée des discriminations qui frappent ses ressortissants en matière de voyage vers l’Europe, dont les conditions d’octroi de visas et des conditions de voyages dignes.

L’Algérie, rappelle-t-on, fait l’objet d’une mesure d’exception qui fait obligation de soumettre à consultation des pays membres de l’UE, toute demande de visa Schengen, ce qui occasionne tous ces retards pour l’attribution de ce document, contrairement aux pays voisins.

Par Redouane A. - Le Jour d'Algérie

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