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Actualité

 

Industrie en Algérie, machine arrière toute

 

Abdelhamid TemmarAlgérie - Privatisation du CPA et de la BDL, nouvelle politique industrielle... Le ministre des Participations et de la Promotion des Investissements, Abdelhamid Temmar, a dressé, mercredi dernier devant la presse, les grandes lignes de la politique économique du gouvernement.

Alors que la privatisation du Crédit populaire d’Algérie (CPA) est en cours et devrait s’achever en février 2007, le gouvernement prépare l’ouverture du capital de la Banque de développement local (BDL). L’ouverture à hauteur de 51% du capital du CPA a été entérinée il y a quelques jours par le Conseil des participations de l’Etat (CPE). «L’ouverture du capital du Crédit populaire d’Algérie (CPA) et de la Banque du développement local (BDL) est en cours.

Un appel d’offres sera lancé incessamment pour le CPA», a annoncé mercredi soir le ministre des Participations et de la Promotion des Investissements, Abdelhamid Temmar. Sans donner plus de détails sur l’ouverture du capital de la BDL, le ministre a révélé que la Banque extérieure d’Algérie (BEA) et la Banque nationale d’Algérie (BNA) seront touchées par une opération «de profonde modernisation». Sans plus de détails. En tout cas, cela signifie que le gouvernement renonce à la privatisation de la BNA, pourtant évoquée il y a deux ans.

Cette banque publique où sont domiciliées de grandes entreprises publiques en difficultés financières a été secouée par l’éclatement de nombreux scandales financiers. Le ministre des Participations et de la Promotion des Investissements n’a pas évoqué les deux autres banques publiques, la CNEP-Banque et la BADR. La privatisation du CPA et de la BDL devrait contribuer à la modernisation du système bancaire algérien qui représente la colonne vertébrale des réformes économiques en cours.

Le problème du foncier en voie de règlement

Des réformes qui avancent lentement à cause aussi des difficultés pour les investisseurs étrangers et nationaux à accéder au foncier industriel. «De nombreux investissements ont été perdus dans un passé récent à cause de ce problème», a reconnu Temmar. Le ministre assure que l’accès au foncier industriel sera facilité.

Il a précisé que le ministère des Finances a pu collecter «un portefeuille de terrains» qui vont servir aux investissements en attente ou futurs. Une base de données recensant les disponibilités dans différentes zones est déjà en place. «Tout le système de gestion du foncier économique est revu», a révélé Temmar, précisant cependant que «le prix de cession de ces terrains est un énorme problème opérationnel». Le problème réside surtout dans la détermination par les services des Domaines de la valeur vénale du terrain destiné à recevoir des investissements.

Cap sur l’industrie

Le règlement du problème du foncier fera sauter des obstacles de taille pour la relance de l’investissement national et étranger. Un investissement que le gouvernement veut orienter sur l’industrie, seul secteur en mesure d’assurer au pays une croissance durable. La nouvelle économie algérienne devrait reposer sur l’industrie, selon Temmar.

«L’Algérie n’étant pas un pays profondément agricole en raison notamment de son climat semi-aride tandis que le tourisme est un créneau qui ne génère pas forcément une croissance durable», soutient Temmar. Pour lui, un parc industriel national incomparable dont bénéficie l’Algérie par rapport aux pays voisins lui donne un avantage comparatif indéniable. Argumentant davantage ces choix, le ministre a souligné que l’économie algérienne étant encore en phase de transition, l’intervention des pouvoirs publics est encore nécessaire durant un certain temps pour protéger son industrie. «Je ne lâcherai pas le secteur industriel», a-t-il lancé.

Le ministre a fait savoir que son ministère et celui des Finances ont arrêté une liste d’entreprises industrielles publiques qui seront soutenues et prises en charge par des actions tels le partenariat en joint-venture et des mesures d’amélioration de leur gestion. Ces entreprises constitueront un «pré carré sérieux» de l’industrie algérienne, a-t-il avancé. Le ministre n’a pas fourni plus de détails ni sur cette liste d’entreprises, ni comment le gouvernement compte aider les entreprises publiques.

Cependant, a-t-il insisté, le gouvernement est en train de mettre en place une politique de développement de l’investissement dans l’industrie mais «c’est aux investisseurs d’investir». Sur ce point, il a fait savoir que des banques de renommée internationale sont intéressées par la création de banques d’investissements en Algérie. Au moment où les privatisations s’accélèrent, ces déclarations sèment la confusion sur la façon avec laquelle le gouvernement compte aider les entreprises publiques industrielles.

Considéré pendant longtemps comme une «quincaillerie inutile», le secteur public industriel «retrouve de la considération» auprès des autorités. Ce retour à l’industrie serait-il dicté par la flambée des prix du pétrole et l’augmentation spectaculaire des réserves de changes du pays qui avoisine les 70 milliards de dollars ? Le retour à l’industrie ne s’annonce pas facile dans un pays où la facture de l’importation avoisine les 20 milliards de dollars par an. Une somme qui fait saliver des hommes d’affaires aussi bien en Algérie qu’à l’étranger.

Tout en annonçant des jours meilleurs pour le secteur public industriel, le ministre critique le secteur privé algérien «quasiment absent dans les activités industrielles nobles où se joue la compétitivité». Temmar a exprimé son inquiétude quant au «ralentissement du dynamisme» de ce secteur comme en atteste la baisse continue de son taux de croissance depuis 2005 contre des résultats remarquables durant les années précédentes, en se demandant si cette situation était juste conjoncturelle ou plutôt une tendance.

Pour rassurer, Temmar a annoncé que le gouvernement allait engager un programme de mise à niveau des entreprises privées selon lequel l’Etat les accompagnera pour leur donner les moyens nécessaires de se mettre en compétitivité.

Des contentieux à la pelle autour des privatisations

Faisant le bilan de la privatisation, le ministre a indiqué que 396 opérations de privatisation ont été réalisées entre 2003 et jusqu’à juin 2006, dont 117 ont connu un rachat de la totalité de leurs capitaux. Invité également lors des débats à faire un commentaire sur l’amendement apporté récemment à la loi sur les hydrocarbures, le ministre a simplement répondu: «la gestion de l’économie est une affaire pragmatique où il n’y a aucune place à l’idéologie».

Dans ce sens, il a expliqué que depuis la promulgation de la loi sur les hydrocarbures en avril 2005, le marché pétrolier mondial et la situation financière du pays ont changé en faveur de l’Algérie dont les réserves de changes ont nettement augmenté jusqu’à plus de 68 milliards de dollars actuellement. Devant une telle situation d’aisance financière, il était devenu inopportun de chercher à exploiter et à vendre davantage de pétrole et il fallait, par conséquent, modifier la loi en question pour réfréner la production, a-t-il dit.

Le nombre total des entreprises publiques économiques (EPE) privatisées s’est établi à 396 entités depuis 2003 et jusqu’à juin 2006, a annoncé Temmar. Sur les 396 EPE ainsi privatisées, 117 (30%) ont été totalement privatisées, 40 (12%) l’ont été partiellement (rachat d’une partie du capital), 68 (17%) ont vu leur capital cédé aux travailleurs et 21 (5%) ont réalisé des opérations de partenariat. Pour le reste, une grande partie a été transférée à des établissements à caractère social, telles les associations.

En outre, environ 20% des opérations de privatisation réalisées font l’objet de contentieux pour non-respect des engagements, soit par les repreneurs soit par la partie cédante. A cet effet, un département spécial pour le contentieux des opérations de privatisation a été créé dans chacune des Sociétés de gestion et de participation (SGP) qui détenaient le portefeuille des entreprises privatisées.

Par Hamid Guemache - Quotidien d'Oran

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