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Actualité

 

Indigènes, un esthétisme au goût amer

 

Film IndigènesAlgérie - Hier après midi, Indigènes, du réalisateur algérien Rachid Bouchareb, a été projeté pour la presse et les médias algériens. Dès le début du générique, un silence religieux s’installe dans la salle. Sur le grand écran des images de films d’archives défilent dans un patchwork émouvants tel un prélude à l’amère réalité historique qui sera dévoilée tout au long du film.

Pendant deux heures, les présents seront conviés à vibrer au rythme de l’histoire de Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir, engagés volontaires dans l’armée française dans le 7ème RTA, Septième régiment de tirailleurs algériens durant la Seconde Guerre mondiale.

Une armée qui avait enrôlé 130 000 autres «indigènes» des colonies afin de libérer les terres françaises conquises par les nazis. Dès le débarquement en Italie, les tirailleurs musulmans, utilisés comme de la chair à canon, réussiront grâce à leur courage et à leurs sacrifies à vaincre l’ennemi.

Les quatre hommes seront unis même au-delà des mésententes pour devenir des héros qui marqueront de leurs sueurs et de leur sang la victoire sur les nazis en Italie, en Provence et dans les Vosges.

Indigènes, musulmans, peu importe, des hommes d’honneur avant tout, qui, malgré les humiliations qu’ils subissaient par leurs propres frères d’armes (français de souche), ils réussiront, en véritable héros, à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand. Abdelkader sera le seul survivant de cette poignée d’hommes qui ont défendu la liberté et la dignité de la terre française envers et contre tout.

A travers cette œuvre, le réalisateur algérien a réussi à relever le défi de faire un film d’une haute qualité esthétique et émotionnelle. La beauté des séquences filmées, le scénario bien ficelé, la force des personnages incarnés par les acteurs portent très haut le cinéma français grâce à un descendant d’indigènes.

Malgré la qualité esthétique du film, certains cinéphiles algériens sortent frustrés de la salle car ils n’arrivent pas à s’identifier aux personnages. Cela à cause d’un certain parti pris, facteur de malaise. Même si le film dévoile une part de vérité sur les tirailleurs algériens, maghrébins et africains, il ne dévoile pas toute la vérité.

Celle des milliers de jeunes Algériens enrôlés de force et à coup de bâton, celle des promesses d’accorder aux Algériens leur indépendance contre la liberté de la France et surtout le Malaise de l’absence au moins d’un clin d’œil sur les massacres du 8 mai 1945.

Par Sihem Bounabi - La Tribune

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