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Actualité

 

Iran : Sanctionnons d’abord, négocions ensuite

 

Mahmoud AhmadinejadIran - Après les rencontres viennoise et berlinoise, c’est une mise en garde londonienne qui vient d’être adressée à la République islamique.

Lassée par une intransigeance grandissante de jour en jour, la communauté internationale s’est enfin décidée à céder aux pressions de plus en plus pesantes des Etats-Unis qui commencent, quant à eux, à s’impatienter quant à l’adoption de sanctions contre Téhéran.

Réunis vendredi dernier dans la capitale britannique, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, Chine et France) et l’Allemagne ont déclaré être surpris et surtout déçus par l’inflexibilité de la position iranienne sur le dossier du nucléaire. Réagissant à une supposée déclaration de Javier Solana, Margaret Beckett, la ministre britannique des Affaires étrangères, a avoué être déçue par l’entêtement iranien à ne pas procéder à la suspension de son enrichissement de nucléaire.

Après avoir pris acte du refus constant de l’Iran de céder aux pressions, les 5+1 ont finalement décidé de mettre en marche le train des sanctions avec comme ligne de mire, l’application de la résolution 1696.

Adoptée le 31 juillet dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies, cette résolution aura été le fruit d’intenses tractations entre trois visions radicalement différentes de ce conflit diplomatique. Dans la première, les Américains et les Britanniques qui préconisent la fermeté, la deuxième comprend les Français et les Allemands qui ne cessent de tergiverser, quant à la troisième, elle rassemble le binôme sino-russe qui tient encore la corde.

Mais à Londres, les six puissances semblent s’être accordées sur une position inédite et pressentie depuis bien longtemps. Poursuivre le cycle des négociations et simultanément à cela engager des sanctions économiques et commerciales contre le régime de Téhéran.

Et c’est à New York que les débats sur les sanctions devront démarrer avec comme objectif décortiquer l’article 41 du chapitre 7 de la Charte de l’Organisation des Nations unies.

L’article en question stipule que «le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les membres des Nations unies à appliquer ces mesures.

Celles-ci peuvent comprendre l’interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques».

A travers cet article, les six veulent en tout premier lieu démontrer qu’il n’est pas dans leurs desseins ni dans leurs objectifs d’attaquer l’Iran, et que la légalité internationale sera toujours respectée. Face à cette nouvelle approche, Téhéran n’a toujours pas réagi officiellement à ce qui ressemble à un véritable chantage. Après l’offre alléchante de Vienne et les prédispositions de Berlin, Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad devront désormais répondre à la mise en garde de Londres.

Elle aura sans doute droit aux mêmes réponses du passé. Refus de céder aux pressions, droit inaliénable à utiliser l’énergie nucléaire et rejet de toute suspension d’uranium.

En dépit de toute l’agitation qui continue de prévaloir en Amérique et en Europe, et bientôt au siège des Nations unies, l’Iran reste à son habitude impassible, ignorant les risques possibles, qui au bout du compte ne pénaliseront que 70 millions d’Iraniens.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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