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Actualité

 

Hamas-Fatah : le point de non-retour ?

 

Hamas FatahPalestine - En excluant toute reconnaissance de l’Etat d’Israël et en rejetant le «diktat» des Occidentaux, le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a le mérite de dissiper les ambiguïtés mais aussi le «tort» de consolider l’impasse.

Il a ainsi clairement rejeté les conditions posées par les Occidentaux qui exigent, pour lever leur boycott financier et politique au gouvernement palestinien, que le Hamas reconnaisse Israël et les accords israélo-palestiniens passés. Haniyeh, à juste titre, a dénoncé dans son discours les pressions d’Israël et des Etats-Unis qui veulent un «gouvernement palestinien taillé sur mesure et qui appliquerait les diktats étrangers».

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui veut un gouvernement d’union avec une plate-forme modérée, estime pour sa part que le document dit d’«entente nationale» contient une reconnaissance implicite d’Israël et des accords passés. Les discussions entre le Hamas et le Fatah sur la mise en place de ce gouvernement d’union se retrouvent de ce fait dans une impasse totale.

La tension déjà palpable s’est traduite ces derniers jours par des heurts entre partisans des deux côtés où il y a eu mort d’homme. La direction du Fatah appelle cependant, dans un souci d’apaisement, à une réunion urgente pour faire cesser les luttes internes et à la reprise du dialogue avec le président Abbas.

Le Premier ministre palestinien s’est violemment pris vendredi à l’administration américaine, lui imputant le «siège» financier et économique imposé pour «mettre le peuple palestinien et son gouvernement à genoux». Il a insisté sur le fait que son gouvernement jouissait de la légitimité des urnes et qu’il ne pouvait de ce fait être renversé. «Je dis à certains frères et certains partis qui œuvrent jour et nuit à la chute de ce gouvernement : ne vous fatiguez pas.» Excluant toute compromission.

Ainsi aux yeux du Hamas, lorsque Mahmoud Abbas a déclaré du haut de la tribune des Nations unies, le 21 septembre, que le futur gouvernement d’union nationale reconnaîtrait l’Etat d’Israël, c’était aller beaucoup plus loin que ce qui avait été prévu dans le document d’entente nationale.

Résultat d’après-négociations inter-palestiniennes. Haniyeh n’a d’ailleurs pas hésité à promettre aux réfugiés palestiniens du Liban, de Syrie de «revenir à Jérusalem, à la mosquée Al Aqsa et en Palestine».

La démonstration de force populaire à Ghaza, où le Hamas est majoritaire, intervient à un moment où chaque camp renforce son appareil sécuritaire que ce soit la garde présidentielle pour le Fatah ou la force exécutive pour le Hamas.

Un antagonisme porteur de lourds périls. Vendredi, Mohammed Dahlan, l’homme fort de Ghaza, chef de la sécurité préventive, a déclaré que «le Hamas et les Frères musulmans avaient pris la décision politique d’assassiner des membres du Fatah».

Par Moumene Belghoul - La Tribune

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