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Actualité

 

La question du Sahara occidental, objet d’une polémique

 

Sahara OccidentalSahara Occidental - Devant la quatrième commission des Nations unies (questions politiques spéciales et décolonisation), une violente polémique a été engagée autour de la question de la décolonisation du Sahara occidental par l’ambassadeur du Maroc qui, tout en ayant tenté une opération de forcing diplomatique pour sa nouvelle proposition d’autonomie pour le Sahara occidental a voulu sciemment entretenir l’amalgame en impliquant l’Algérie comme partie prenante de ce conflit.

Pourtant, l’Algérie a toujours rappelé qu’elle n’a jamais été partie de ce conflit mais s’est toujours rangée du côté de la légalité internationale.

Le débat général a vu plusieurs délégations dénoncer le statu quo existant dans de nombreux territoires non autonomes et insister sur la nécessité de sortir de l’impasse plus particulièrement sur la question du Sahara occidental. D’emblée, le présentant du Lesotho, au nom de la Communauté des États de l’Afrique australe, a exhorté le Maroc à accepter le plan Baker, seule solution de sortie possible à la crise. En réponse, le représentant du royaume n’a pas trouvé mieux que de s’en prendre à l’Algérie, tout en rappelant la proposition du Maroc d’un statut d’autonomie pour le Sahara occidental.

Il est relayé par nombre de pétitionnaires issus de diverses associations acquises aux thèses du palais royal, ayant proposé l’octroi d’une large autonomie régionale sur le modèle institutionnel espagnol au Front Polisario. Ahmed Boukhari, pétitionnaire de ce mouvement, a déclaré que le Maroc jouait avec le feu et appelé les Nations unies à ne pas prêter l’oreille au «chant des sirènes» du gouvernement marocain.

Ahmed Boukhari a estimé en outre que l’occupation coloniale du Sahara occidental par le Maroc constituait un défi aux Nations unies qui ne peuvent accepter un quelconque plan excluant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Dénonçant la situation peu enviable des droits de l’Homme au Sahara occidental, notamment la répression brutale de manifestations pacifiques en faveur de l’indépendance et le refus du Maroc de permettre aux observateurs internationaux de faire leur travail, il a accusé le royaume de compliquer gravement le processus de paix. L’autonomie sous-tend que la souveraineté du Maroc s’exercerait sur le Sahara occidental, a-t-il affirmé, rejetant cette solution qui est, à son avis, du ressort exclusif du peuple du territoire.

Si les Sahraouis décident d’être marocains, leur décision devra être respectée, a-t-il ajouté, mais ils doivent être les seuls à en décider. M. Boukhari a, par ailleurs, accusé les autorités marocaines de continuer à jouer avec le feu, ce qui risque, selon lui, d’aggraver les tensions qui se manifestent dans la région.

L’observateur du Bahreïn a rappelé que la décolonisation repose sur les principes inscrits dans la Charte des Nations unies et que l’anniversaire de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux peuples et aux pays coloniaux est l’occasion de revoir comment innover afin de parvenir à réaliser tous ses objectifs, insistant sur la souffrance des peuples qui vivent encore sous le joug colonial et la domination étrangère.

Le pétitionnaire libérien a rappelé que son pays avait reconnu le Front Polisario dès le sommet de l’OUA de 1979 comme organisation légitime qui avait pour but d’obtenir la libération du peuple du Sahara occidental. Il a exhorté les parties à accepter la tenue d’un référendum dans ce territoire et à appliquer les principes de la Charte des Nations unies comme outil de paix et de dialogue entre les peuples.

Le représentant de la Guinée a déploré que le processus au Sahara soit toujours dans l’impasse, évoquant une possible détérioration de la situation. En revanche, il a qualifié de signes encourageants la libération de prisonniers marocains, la prolongation du mandat de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et la diminution des violences dans ce territoire.

La représentante de Tanzanie a déclaré que la Deuxième Décennie pour l’éradication du colonialisme a pris du retard sur l’échéancier prévu, soulignant la nécessité que tous les moyens doivent être mis en œuvre pour arriver à une décolonisation complète.

Autour du représentant du Maroc, El Mostafa Sahel, de déplorer l’examen de la question du Sahara occidental par la commission en rejetant la responsabilité sur l’Algérie, estimant qu’elle lui refuserait «son droit de parachever son intégrité territoriale». Ce qui lui a valu un droit de réponse de la part du représentant de l’Algérie qui a déclaré qu’«en matière de manipulation des faits et de l’histoire, l’ambassadeur du Maroc avait livré un chef d’œuvre».

«Il ne s’agit pas d’une affaire entre l’Algérie et le Maroc mais d’un territoire non autonome qui relève de la résolution 1514, a-t-il souligné. Aucun pays au monde ne reconnaît aujourd’hui la souveraineté du Maroc sur ce territoire.»

«L’Algérie continuera à défendre le droit des peuples à l’autodétermination, tant qu’un peuple continuera à être subjugué et opprimé par un pays qui suit un rêve hégémonique.» Contestant les références faites au plan Baker par le représentant du Maroc, il a estimé que «le Maroc vivait depuis longtemps en dehors du droit et de l’histoire».

Contraint de répondre encore une fois au représentant du Maroc qui invitait l’Algérie à expliquer pourquoi «elle refuse que l’on sache combien de gens sont dans les camps à Tindouf», le représentant de l’Algérie a affirmé que le Maroc avait accepté en 1976 «la partition du territoire entre le Maroc et la Mauritanie».

«Pourquoi avoir accepté cette partition à l’époque» s’est-il interrogé, affirmant que «ce n’est pas en érigeant des mensonges en vérités qu’on parvient à se faire entendre ou à se faire respecter».

Par Amar Rafa - La Tribune

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