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Actualité

 

Algérie : Des milliards de dinars transférés illégalement

 

Evasion fiscale en AlgérieAlgérie - Le diagnostic que le nouveau directeur général des douanes est en train d’établir sur le fonctionnement du commerce extérieur et sa gestion par différentes institutions (Banque d’Algérie, banques, impôts, commerce...) donne froid au dos.

La fraude a atteint des seuils alarmants et «ce sont des milliards de dinars qui sont transférés illégalement» dans le cadre des opérations d’importations. Mohamed Abdou Bouderbala et le directeur des douanes d’Alger extérieur, Regue Benameur, refusent de donner le montant exact de la fuite de capitaux engendrés par de fausses opérations de commerce. L’on saura juste que pas moins de «2.000 conteneurs en souffrance sont recensés les 10 dernières années».

En de termes plus simples, ce sont des marchandises importées mais pas dédouanées. Les trafiquants les abandonnent après s’être assurés que les banques qui opèrent dans le commerce extérieur ou, comme on les appelle, les banques domiciliataires se sont acquittées à coup de millions de devises de leurs prix.

D’autres détails et «révélations» seront communiqués à l’opinion publique lors d’une conférence de presse au courant de la semaine prochaine, a expliqué M. Regue hier à l’occasion d’une rencontre organisée par la direction générale des douanes et qui a regroupé des responsables de la Banque d’Algérie, des banques publiques et privées et du registre de commerce.

«La situation est grave», selon lui, et il faut à tout prix mettre «un holà», Et c’est justement pour mettre un frein à ce genre de pratique, à l’évasion fiscale et autre, que la DGD tient depuis quelques jours une série de rencontres avec toutes les administrations et institutions qui interviennent dans la gestion du commerce extérieur.

Après les cadres de l’administration fiscale, c’est avec les banquiers et le premier responsable du Centre national de registre de commerce (CNRC) que la DGD a ouvert la consultation en vue de s’entendre sur un nouveau cadre de coopération. Les différents intervenants ont tous mis l’accent sur l’urgence d’instaurer des systèmes d’échange d’informations plus efficaces.

Pour Mohamed Abdou Bouderbala, une connexion informatique directe entre le CNRC et les douanes permettra de mettre un terme à l’usage de faux registre de commerce. De même qu’une collaboration plus importante avec les banques contribuera à freiner le phénomène de fausses déclarations.

Le DG des douanes a expliqué qu’après cette première rencontre, deux groupes (l’un regroupant la DGD avec les banquiers, l’Abef et la Banque d’Algérie et l’autre la DGD avec le CNRC) seront créés et chargés d’établir avant la fin de l’année de nouveaux protocoles d’accord.

Le DG du Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS), M. Houri, a quant à lui préféré mettre directement le doigt sur ce qui empêche les services de douanes d’accomplir leur mission. Il cite «l’absence d’une clé de contrôle de la domiciliation bancaire» et «la mauvaise coordination entre les douanes et les agences domiciliataires».

Pour lui, l’une des solutions consiste à en finir avec l’échange d’informations avec des supports pas sécurisants tels le papier et les disquettes. «A court terme, soutient-il, il faut arriver au commerce électronique». Un avis que partage le délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (Abef), Abderrahmane Benkhalfa.

Le directeur général des changes à la Banque d’Algérie, Mohamed Brahiti, a déclaré qu’il y a d’abord lieu de «délimiter la responsabilité de chacune des administrations», car, poursuit-il, «il existe entre elles des éléments d’incompréhension». Le premier responsable du CNRC a annoncé pour sa part la disponibilité du centre à mettre à la disposition des douanes et toute institution qui le souhaite toutes les informations dont il dispose et qui concernent le commerce extérieur.

Il a indiqué dans ce cadre qu’un nouveau système informatique qui permet la consultation à distance d’informations sera opérationnel en juin 2007 ou, au plus tard, en juillet de cette même année.

Par Ghania Amriout - Quotidien d'Oran

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