Les familles en Algérie dépensent 58% de leur budget pour manger
Algérie - Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité Djamel Ould-Abbès a indiqué, hier, lors de la remise des résultats de l’enquête sur «le niveau de vie et la mesure de la pauvreté» par les représentants du Centre national pour l’analyse et de la population (CENEAP) que le taux de pauvreté se situe actuellement à 5,7% alors qu’il était à 22% en 1999.
Soulignant que la pauvreté absolue a complètement disparu, l’enquête signale, néanmoins, que les plus touchées sont les populations rurales. Cette enquête sera suivie d’une autre plus affinée et qui est déjà confiée à l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT).
Elles devront constituer l’outil de travail pour la lutte contre la pauvreté par l’identification des groupes les plus vulnérables et vers «lesquels l’assistance de l’Etat doit s’orienter, d’asseoir également un programme national de lutte contre l’exclusion, d’en rajuster la stratégie et d’en redéfinir les objectifs».
Selon le ministre de la Solidarité, l’Algérie, qui a souscrit aux objectifs du développement du millénaire, a élaboré des programmes et le ministère de la Solidarité s’est vu élargir son rôle à l’action sociale et à la création de l’emploi.
Le budget social de l’Etat a presque doublé, selon lui. Il citera qu’entre 2000 et 2005 le budget social de l’Etat est passé de 161 milliards de DA à 293 milliards de DA.
Convié à cette cérémonie qui a vu la présence d’un grand nombre de cadres de différents organismes, notamment des représentants du PNUD, le ministre de la Participation Abdelhamid Temmar invité en expert et économiste des questions de développement, signalera, pour sa part que si la pauvreté en Algérie «n’est plus aujourd’hui un sujet d’une très grande préoccupation», il peut, selon lui, enfler sans une cohésion sociale et sans paix.
Approfondissant plus son idée, Temmar indiquera que sans cohésion, des «inégalités peuvent apparaître» à la suite de ces réformes et c’est la raison pour laquelle, il y a lieu de ne pas perdre de vue la lutte contre la pauvreté.
Cette étude que le CENEAP a réalisée, entre février et mai 2005, sur un échantillon de 5.080 ménages dans 42 wilayas, porte sur les caractéristiques des ménages enquêtés, de leur revenu, des dépenses de consommation etc. Sur ce dernier point il est relevé que les dépenses alimentaires représentent plus de 58% du budget global des ménages.
Les dépenses relatives aux logement sont à plus de 23%, celles du transport et de communication sont évaluées à 16,45% et celles de la santé sont à 15,9% .
Par S. E. K. - Quotidien d'Oran
|