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L’Iran se dit partisan d’un monde dénucléarisé

 

Iran nucléaireIran - Après la sensation créée par la Corée du Nord en transgressant «la ligne rouge» dressée par le club des puissances nucléaires, les positions des uns et des autres des protagonistes semblent évoluer.

L’Iran, outsider dans la course au nucléaire se dit partisan d’un «monde sans armes nucléaires», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, en réaction à l’essai nucléaire nord-coréen.

«La position de l’Iran est claire par rapport aux essais nucléaires, il soutient un monde sans armes nucléaires», a déclaré le responsable iranien dans une volonté claire de tirer des dividendes politiques certains de la nouvelle donne induite par le geste de Pyongyang.

En évitant soigneusement de condamner explicitement la Corée du Nord qui entre ainsi de plein fouet dans le club très fermé des nucléarisés, l’Iran «espère que les négociations à propos des activités nucléaires nord-coréennes satisferont les intérêts de Pyongyang et de la communauté internationale», a-t-il ajouté, dans un langage moins virulent que d’habitude.

L’Iran et la Corée du Nord, classés par l’hyperpuissance américaine parmi les pays de «l’axe du mal» et ceux «à l’avant-poste de la tyrannie», ont des relations et des contacts très poussés dans les domaines militaires et balistiques. Téhéran reste aussi sous une vive pression occidentale quant à son très controversé programme nucléaire.

Face à l’exigence d’une suspension de ses activités d’enrichissement d’uranium, Téhéran affiche une intransigeance inébranlable suscitant l’ire des chancelleries occidentales. Vendredi, les représentants du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont décidé, encore une fois, de discuter des sanctions à imposer à Téhéran après son énième refus de suspendre son enrichissement d’uranium, comme l’exige le Conseil de sécurité.

Ainsi malgré le transfert du dossier nucléaire iranien aux instances onusiennes et même au Conseil de sécurité l’impasse est totale. Téhéran campe sur ses positions faisant valoir ses droits au nucléaire civil et refusant d’être sanctionné sur la base de simples suspicions. Le président Ahmadinejad vient d’ailleurs de déclarer que son pays imposerait aussi en représailles des sanctions contre les pays occidentaux en cas d’application du fameux chapitre IV du Conseil de sécurité.

La nouvelle incursion nord-coréenne dans le nucléaire mondial aura-t-elle une influence sur la crise irano-occidentale qui s’éternise ? Dans tous les cas de figure Téhéran n’hésitera certainement pas à en tirer profit sur le plan géopolitique et gagner l’élément le plus déterminant dans la recherche nucléaire après la technologie : le temps.

Les puissances occidentales que l’action de Pyongyang a ébranlées, suscitant leur vive inquiétude auront fort à faire face à un régime aussi fermé que celui de Pyongyang. Une aubaine pour l’Iran qui pourrait souffler et en tirer les dividendes en attendant de suivre l’exemple, plein d’enseignement, de son partenaire asiatique.

Par Moumene Belghoul - La Tribune

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