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Actualité

 

Algérie : Cercle de morosité

 

Le pétrole en AlgérieAlgérie - «Deux pas en avant un pas en arrière» ou «un pas en avant deux pas en arrière» ? Au chapitre de la maltraitance économique, un des rares domaines à faire l’unanimité des «écoles», l’autocritique courageuse n’a encore apporté rien de bien significatif, chez nous. Au fil des ans, les mêmes constats se superposent et font douter jusqu’aux plus naïfs, des volontarismes qui s’affichent dans l’ostentation.

Heureusement que dans cette morosité devenue accommodante à l’ancienneté, le pétrole national ne s’est pas mis de la partie pour jeter à son tour le doute sur les capacités à répondre à la demande sociale et tempérer le front du même nom. La chute du prix du pétrole, depuis deux mois -25 %-, est conséquente dans l’absolu, mais relative en comparaison de ce que nous et nos amis de l’OPEP attendions dans les années 2002-2003, soit un baril compris entre 22 et 28 dollars.

La fourchette était jugée satisfaisante et son explosion, par la suite, a permis aux pays exportateurs d’or noir d’engranger des super cagnottes d’autant bienvenues qu’elles étaient inattendues.

Si pour les pays du Golfe les surplus pour 2006 en quête de placement atteignent 450 milliards de dollars, l’Algérie n’est pas mal lotie non plus avec des réserves de changes de 70 milliards de dollars auxquels s’ajoutent 30 milliards du Fonds de régulation des recettes. Drôle d’indice d’évaluation, ces réserves couvrent trois ans et demi d’importations. L’indice est peut être purement économique, mais dans le cas de l’Algérie il sonne comme un paradigme alimentaire.

Le gouvernement, par la voix d’un de ses ministres, nous apprend qu’il faut revenir à l’industrialisation, seul véritable facteur de croissance économique durable. Quand on croit avoir tout dit avec telle lapalissade, le risque est celui d’une thérapie qui n’aura d’autre effet que celui du supplice de Sisyphe, jamais au bout de ses peines au pied de la même montagne pour remonter le même rocher.

Et tant pis pour ceux qui avaient cru comprendre que l’Etat, à l’heure de l’économie de marché, ne se désengageait de l’industrie que pour sortir plus vite du cycle des contre-performances en laissant le privé investir en force dans le secteur. A l’image de Mittal Steel pour la sidérurgie ou d’autres grands groupes privés pour les détergents, le ciment… avec, à la clé, un potentiel d’exportations hors hydrocarbures susceptible de procurer à l’Algérie des recettes en devises d’un niveau autrement plus significatif que l’actuel qui n’atteint pas 8 millions de dollars.

Le problème, nous disaient de doctes experts, était dans le peu d’attractivité qu’exerçait l’économie algérienne sur les investisseurs étrangers, lesquels -c’est connu- placent leurs capitaux là où les profits sont garantis : industrie, services, agriculture…

Alors que les regards restent braqués sur la courbe du baril, surveillée avec inquiétude, une remise en cause, utile celle-là, serait peut-être de reconnaître que le cycle de l’abondance des revenus pétroliers n’a pas permis à l’Algérie de dégripper son économie, encore loin de la faire repartir sérieusement.

Les facteurs de blocage, à force d’être cités et analysés, sont connus. Le plus pénalisant d’entre eux, parce que justifiant et expliquant les autres dans une large mesure, est sans conteste la corruption qui ne cède de terrain qu’à l’esprit de la rente.

Par A. Samil - La Tribune

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