Europe : L’Algérie, un partenaire stratégique
Algérie - L’Europe n’est assurément pas près d’oublier l’épisode traumatisant de l’hiver dernier lorsque Gazprom, le géant russe, premier fournisseur de l’Europe en gaz naturel, et en situation presque de monopole, a subitement réduit ses approvisionnements destinés à l’Europe.
Les stratégies des pays du Vieux Continent ont aussitôt été ajustées optant pour une diversification de leurs fournisseurs, l’Algérie étant un pays avec lequel il faut compter.
La visite en Algérie de deux jours (9 et 10 octobre en cours) du ministre italien pour le Développement économique, M. Pierluigi Bersani, s’inscrit justement dans cet ordre d’idée.
Lors d’une conférence de presse tenue hier au siège de l’ambassade d’Italie à l’issue de ses discussions avec le chef du gouvernement ainsi qu’avec pas moins de cinq de ses ministres, M. Bersani est notamment revenu sur la nécessité de renforcer les liens économiques et de promouvoir le dialogue entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée.
L’accélération dans la réalisation du deuxième gazoduc sous-marin (le Galsi) devant approvisionner l’Europe en gaz naturel algérien via la Sardaigne ainsi que l’augmentation de la capacité du premier gazoduc baptisé Enrico Matéï ont été au centre des discussions avec Chakib Khelil, ministre algérien de l’Energie et des Mines.
Des discussions qui se poursuivent et qui devront donner lieu, selon le souhait de M. Bersani, à un accord intergouvernemental visant à sécuriser non seulement son pays, mais aussi l’Europe en matière d’approvisionnement énergétique le plus rapidement possible. Long de 940 km, dont 640 en territoire algérien, le Galsi, du nom du consortium de sociétés chargées de le réaliser, a une capacité de transport de 8 milliards de m3/an.
«Je pense qu’à partir de cette rencontre, le projet va connaître une impulsion importante», a déclaré M. Bersani, avant d’ajouter : «Nous cherchons la consolidation de nos rapports dans le secteur énergétique qui, à notre avis, devrait avoir lieu en présence de deux éléments fondamentaux que sont d’abord, la possibilité que ces nouvelles opérations puissent apporter un quota de leur bénéfice aux consommateurs et entreprises italiennes en termes d’accès à la ressource énergétique et à des prix convenables, mais aussi et le développement de nos rapports économiques dans tous les autres secteurs.»
Autres sujets abordés avec le ministre, le projet d’interconnexion électrique et plus particulièrement la promotion du dialogue entre pays consommateurs et producteurs d’énergie. Le moment pour l’Algérie de mener à bien ses discussions avec l’Europe pour protéger à son tour ses intérêts.
D’ailleurs, la visite du chef du gouvernement italien, M. Romano Prodi, annoncée pour le mois de novembre prochain devra connaître la conclusion de plusieurs accords consolidant les rapports déjà existants entre les deux pays. La visite, ces deux jours, de M. Bersani et celle de M. Agostini, secrétaire d’Etat italien, attendue pour la fin du mois en cours, n’en sont que la préparation tel que confirmé hier par M. Bersani.
L’hôte de l’Algérie s’est également entretenu avec Mourad Medelci, ministre des Finances, avec qui ont été évoquées les possibilités de coopération pour la modernisation du système bancaire. Des discussions ont également eu lieu avec Amar Ghoul, ministre des Travaux publics, Abdelhamid Temmar, ministre des Participations et de la Promotion des investissements, ainsi qu’avec Mustapha Benbada, ministre de la Petite et Moyenne entreprise.
M. Bersani souhaite le renforcement de la présence des entreprises italiennes sur le marché algérien en insistant sur des projets touchant à la modernisation du réseau ferroviaire et les services. «Les entreprises italiennes sont présentes et répondent aux appels d’offres […] Nous avons voulu participer dans le grand projet de l’autoroute Est-Ouest, mais l’appel d’offres a donné d’autres résultats», a-t-il dit.
Enfin, notons que l’Italie est toujours le deuxième fournisseur de l’Algérie après la France et les importations algériennes sont estimées à 958 millions de dollars, alors que ses exportations vers l’Italie sont de l’ordre de 3,789 milliards de dollars.
Par Yasmine Ferroukhi - La Tribune
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