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Actualité

 

La Corée du Nord fait la sourde oreille aux menaces de sanctions internationales

 

Kim Jung-IlCorée du Nord - L’angoisse japonaise face à la menace nord-coréenne est si grande que les médias nippons se sont empressés d’inventer un second test nucléaire de la désormais huitième puissance atomique déclarée. L’information, aussitôt démentie par la non moins inquiète Corée du Sud, ne risquait toutefois pas d’aggraver des relations déjà exécrables depuis l’explosion du 9 octobre.

Mais Pyongyang continue toujours à agiter une telle éventualité. Ayant parfaitement réussi l’amalgame de la puissance et de la dissuasion, le régime communiste entend à présent jouer les grands rôles dans une Asie encore sous le choc de cette entrée par effraction dans le club très fermé des puissances nucléaires.

«Tout dépendra des Etats-Unis», crient urbi et orbi les responsables politiques nord-coréens excédés par l’omniprésence américaine dans la région et particulièrement à leur frontière australe. Et la déclaration la plus explicite de la position officielle est venue hier de celui qui est considéré, à juste titre, comme le chef de l’Etat nord-coréen, Kim Yong-nam.

Président du présidium de l’Assemblée populaire suprême depuis 1998, celui qu’on présente comme le numéro deux du régime de Pyongyang après Kim Jong-Il, a déclaré haut et fort hier que la question des futurs essais nucléaires était liée à la politique américaine à l’égard de son pays. Enième défi à l’égard de la première puissance mondiale.

Face à cette intransigeance, les Etats-Unis ne sont pas encore sortis de leur habituelle dénonciation. Prise de court par la montée en puissance nord-coréenne, l’administration Bush est confrontée aujourd’hui à des scénarios aussi pernicieux les uns que les autres, et qui risqueraient de mettre à mal son omnipotence dans tout l’Extrême-Orient.

Mais loin des menaces, qui en plus d’être insignifiantes sont totalement infructueuses, les Etats-Unis cherchent aujourd’hui à attirer coûte que coûte la Corée du Nord à la table des négociations, afin de pouvoir la surveiller de près. Mais loin s’en faut pour convaincre un régime politique dont la haine envers l’Amérique n’est un secret pour personne. A peine assis dans le fauteuil de Premier ministre du Japon, Shinzo Abe se voit confronté à sa première grande crise.

Acteur incontournable de la scène politique d’Asie de l’Est, son pays ne s’est jamais senti aussi menacé depuis l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki. Harry Truman, alors président des Etats-Unis, avait décidé d’atomiser les deux grandes villes japonaise, les 6 et 9 août 1945, provoquant la mort de plus de 150 000 personnes. Porte-drapeau de la dénucléarisation dans le monde, l’Empire nippon milite depuis contre la fabrication, le stockage et l’utilisation de matières nucléaires à des fins militaires.

Et les sanctions n’ont pas tardé à tomber. Réuni à Tokyo, le Conseil des ministres a décidé, sous la présidence de Shinzo Abe, de sanctions pénalisantes contre la Corée du Nord. Elles seront en premier lieu unilatérales avant de devenir internationales.

Et Pyongyang est bien conscient aujourd’hui, que, si Tokyo met à exécution sa menace, l’économie nor coréenne déjà à l’agonie risquerait de plonger.

Mais la réaction la plus inattendue, aussi bien pour la Corée du Nord que pour la communauté internationale, reste celle de la Chine. Présentée comme l’appui le plus indéfectible à ce pays, la République populaire se laisse pourtant aller à des menaces à peine voilées envers sa voisine de l’Est.

Partisan de restrictions «punitives», Pékin reste toutefois mesuré face à la montée en puissance des pays occidentaux.

Et c’est ce duel qui se transpose au Conseil de sécurité des Nations unies. Face à la volonté américano-japonaise (le Japon est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité) de voter des sanctions immédiates contre le régime communiste de Pyongyang, la Chine veut se donner le temps d’étudier des sanctions qui, selon elle, doivent être proportionnées.

A défaut d’avoir fait des dégâts sur les vies humaines, la bombe nord-coréenne aura déchiqueté un consensus international qui était pourtant préconisé afin de stopper une prolifération nucléaire qui n’en finit pas.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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